‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 204 sur 276 · CHAPITRE DlXl&lfS. 4di · texte numérisé non relu

CHAPITRE DlXl&lfS. 4di

%^ Uexpérience des anciens iemps ayait montré que pour restreindre les prétentions de la cooronne dans des bornes conv^ nablesi il était nécessaire de la tenir dans la dépendance de la générosité des sajets; mais maintenant les deux chambres semblèrent avoir adopté la doctrine contraire ; elles attibuèrent les calamités (jui avaient aftligé la nation ikmiiI.'iiiI lant tl aniices a Texignilé do la somnic allouée pour reninHien de la royauté; elles virent, apu s examen , que la dépense annuelle du feu roi excédait de beaucoup sou revenu, et, pour prévenir le retour des besoins qa^il avait éprouvés, et des expédients illégaux auxquels il avait eu recours, elles élevèrent le revenu annael de la couronne au chiffire sans exemple de 1,200,000 1,

8^ Biais leur prévoyance pour le souverain ne les empêcha pas de songer Meurs intérêts personnels. Sous les règnes précédents, les proprii'taires de terres avaient fréquemment et ardemment cherché à abolir les tonures par services de chevaliers, sans contredit la plus onéreuse des charges féodales existantes; mais leurs tentatives avaient été constamment déjouées par le monarque et ses courtisans, qui ne voulaient point renoncer aux bénéfices des mariages , des relielii et des tutolles. Mais à oette époque de réconciliation et de concessions mutoelles, la prc^ sition fut iaite et accotée : les termesfufentréiirlésà lasatûrfaih lion des deux parties, et Charles consentit à accepter un revenu annuel de 100,000 livres k la place des profits casuels, mais lucratifs, de la cour des pupilles. Cependant la transaction fit peu d'iionneur a la libéralité des deux chambres. Elles refusèrent d'étendre le bénéfice aux tenures inférieures, et l'acte même qui relevait les seigneurs de fiefs des services qu'ils devaient à la couronne, leur coniirmaii les services qu'ils réclamaient de ceux qm possédaient par tenure de Ccpyhold. Ils ne voulurent pas non plus payer le prix du bénéfice, quoiqu'ils en eussent la jdui»sance exdusive. Dans rorigitte las auteurs ds la mesure se proposaient de lever l'indemnité par une taxe sur les terres qni araient été affranchies : le comité venait d'en fixer le chiffre pour les divers comtés, lorsqu'un membre [8 nov.j demanda, comme

Stiftt. Si l'acte de la dix-septième aiiiiee du règne de Charles 1" était iiiterprott* gtrietement d'après la lettre, le long parlement ne pouvait être dissous pur aucun autre parlement, parce qu'avant sa dissolution aociine autre aMomblée qe pouvait être un parlement lé î^'al. On soutenait donc que, par la séparation des chambres d'avec le roi et lu retraite ou l'exciusiou du tant de membres, il était tombé en pièces de lui-même, U était mort de mort natarelle. Voyez \» hrgçtàttê • « Le loAg 9«r]fliiieiit n'esl point rearawité. » Ibid. mviu.

m HISTOIRE D'AMGLET&aRE.

fMir hasard, pourquoi on n'arait pas recours k faccise. ViAéei

fut saisie avidornont par les courtisans et par beaucoup de propriétaires; un passa avec mépris sur l'injustice d'obliger le pauvre h payer pour le soulaprement du riche, quoiqu'on Teût fait valoir avec forco , et les partisans de la motion, dans une division de la chambre au grand complet, obtinrent une majorité de doux voix [21]. Au lieu donc de la pourvoyance, dos tenores militaim, et de leurs divers iiicidentSi fruits et dépeadances, le produit dSine moitfé de Facdse, branche de revenu oonstamment croissante et plus avantageuse que la compensation primitive, fut assuré pour toujours h la couronne ^.

4* L'accise, le lecteur so le rappellera, avait été établie par le parlement pour subvenir aux frais do la ^aiorre contre le roi. Pour réconcilier la nation avoc une taxe si odieuse, elle no fut d'abord votée que pour une courte période, et quoiqu'elle eilt été maintenue depuis lors par des dons successifs, il avait toujours été entendu que, comme la nécessité seule pouvait justifier cet impôt, il devait tràs-certainement cesser avec cette nécessité. La derttièfe décision en rendait une moitié perpétuelle , et la chambre ne fut pas lente h disposer de Tautre. EDe n^avait pris aucune mesure pour élever le revenu au chiffre qu'elle avait voté : les fotes de Noël :ipprochaiont ; le roi avertit les membres de son intention de dissoudre le parlement, et les chambres passeront h la hâte trois bills pour améhorer les rocottos des licences pour la vente des vins, réglementer la poste, et accorder au roi la seconde moitié de l'accise, sa vie durant , pour solde de l'allocation annuelle de douze cent mille livres ^. A dater de ce moment [21 déc], tout espoir de la voir éteindre s'évanouit, et, dans le cours de quelques règnes, le ruisseau est devenu un fleuve puissant. L'acdse produisait alors trois cent mille 1. par an ; elle en produit maintenant dix-huit millions.

5" L'existence de Tannée révolutionnaire (elle montait dans

1 S'/. ofRealm, m C. Joum» â5 mai. 8, 19, SI noT. 15, 21 déc. HUt. ParU

lY, 140.

2. C. Journ, il nor. 31 déc. Dans la discussion sur le bill de la poste, on proposa on amendement pour exempter det frais de poste toutes les lettres

écrites à ou par des membres de la chamhro dos communes, < siégeant en parlement;» alléguant qu'ils avaient autant de droits à cette faveur que les conseillers privés, qui en jouissaient. Quoique Vaniendement eût été stigmatisé comme au-dessous de la dignité de la chambre et bon seulement pour dei mendiants, quoique le président eût déclaré qu'il était honteux de poser la question, il passa. Les lords toutefois le rejetèrent, et les communes v acquiescèrent. Jom^i. des Comm. 17 déo. SM. Pari 188.

CUAPiTHË DIXIÈME. m

les trois royaiiines k {dus de soiiante miUe hommes) était pour le monarque et ses mioistres un sujet constant d^anziété. Elle « avait sans doute contribué h le placer sur le trône ; mais elle pouvait aussi facilement Veii précipiter. Sa fidélité n'était plus garantie par Monk. Quand la première eirorvescerice de la loyauté se fut calmée , beaucoup d'officiers et de soldats commencèront à s'étonner de s'être prêtés à une révolution qui devait mettre fin à leur licence accoutumée et h leur importance de longue date, j Les royalistes, auxquels le lord général avait donné des commis- ! sions, ne possédaîeni pas la confiance des troupes ; les adhérents I de Lambert dans sa malheureuse tentative, pénétrant dans les quartiers des militaires, les sommèrent de reprendre en main la bonne vieille cause, et des assemblées non autorisées furent tenues, la mort de Monk complotée, et des mesures prises pour former une ligue générale parmi les ditrérents corps. Pour s'opposer h ces tentatives, Charles s'efforça de gagner l'affection des soldats par la manière flatteuse dont il parla de leur discipline et de leur loyauté, et la chaleur avec laquelle il recommanda leurs services à la reconnaissance du parlement ; tandis que ses ministres, à l'aide d'un corps nombreux d^et^ions, rechen^aient les semeurs de sédition, et, sous divers prétextes, s^assundent de leurs personnes. Dans les deux chambres, les membres enrMit pour instructions de représenter Finutilité d'une force' si considérable dans un temps de paix profonde , la dépense dont elle avait déjà grevé la nation, et le chiffre annuel dont elle continuerait de la grever. Les motions par lesquelles ils conclurent ne rencontrèrent aucune opposition. Ou pourvut, par des allocations successives h la liquidation de tous les arrérages ; on licencia régiment sur régiment, et la mesure fut conduite avec tant d'égards aux besoins et aux sentiments des soldats, qu'^ s'accomplit sans exciter de séditions ni d'expressions publiques de méranlestement .

6° Les débats à ce sujet furent prolongés k l'infini par la con» testation qui eut lieu entre les deux chambres, relativement au bill d'indemnité. Dans sa déclaration de Breda, (Charles avait promis un pardon général, sauf les exceptions que le parlement pourrait suggérer dans sa sagesse. Dès que la question fut soulevée, on remarqua une merveilleuse diversité d'opinions. Chaque membre avait quelque and qu'il voulait garantir du chàti-

\ 1. Si. 0/ Realm, v, 307, '236, 341. Clar. 10, 11. Burnet, i, 274.

meut, ou quelque cmn mi sur lequel il voulait le faire tomber: les considérations d iaieiùt ou do paroaté, d'amitié ou do veu* geance, pesaient plus que les mérites respectifs des parties, et on iaisait des disiiacUons , on prenait des résolutions dont il était difficile de donner des motifs raisonnables. Enfin, le biU fut tran»* mis des communes aux lords [il juillet], qui, ayant généralement [►lus soiillert, trahirent un esprit plus vindicatif. Les points principaux en discussion entre les chand)res étaient que les lords voulaient cuinprendre, dans une seule vaste clause de condamnation, toutes les personnes qui avaient jamais siégé comme juges d'un royaliste dans une haute cour de Justice, et qu'ils refusaient tout espoir de merci à dix^neuf des juges du roi qui s'étaient livrés par suite d'une proclamation royale. Une clause de cet aote msh nacait d'excepter ceux qui désobéiraient de Tamnistie , quant à la Tie et quant aux biens : d'où les communes inféraient que oeox qui obéissaient avait lieu d'espérer une exception semblable on leur faveur; tandis que les lords soutenaient qu'ils avaient sealemenl le droit d'«Hre jugés par une cour de justice, au liou que ceux qui desobéisiîaicnt pouvaient être condamnes par contumace. Charles , par des messages et des discours réitérés , cou* seilia k modéraUoa et la clémence. H était évident que les con^ munes avaient adopté Texplication la plus raisonnable; apris phisieur» conférences, les lords se rdâdièrent ; l'autre diambfs vint k leur rencontre en rabattant de qttelques*-wies de ses pcétentionS) et l'acte, après une longue contestation, reçut l'assen» tlment royal. Il déclarait en premier lieu que toutes les injures et offenses envers la couronne ou les individus, provenant de querelles entre les partis [loliliqucs depuis le l^*" juin .1037, devaient être cl étaient pardonnées; puis venaient les exceptions, 1' de cinquante-un individiis ayant pris une part effective à la mort du roi ; 2'' de Vane et de Lambert ; S*" de lord Monson, Hazlerig et cinq autres, en ce qui regardait la liberté et la propriété; k'^ de tous les juges de haute eonr de justioe, et de HuntoUnson, de Lentballf de Saint-John et de seiae autres dénommés , quant à la possibilité d'occuper des emplois civils, militaires ou ecclésiastiques. Quant a l'affaire des dix-neuf régicides qui s'étaient livrés volontairement, on concéda aux lords qu'on leur ferait uu procès capital, et, en retour, il fut concédé ;uix communes qu'ils ne seraient point exécutés sans un acte subfiéqueut du parlonientf qui serait voté expressément à ce sujet K

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