‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 207 sur 276 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Iniiqttilliser, les déeisioDs judiciaires qui avaient été rendues dans les cours de justice et d'équité ; mais la promesse royale relative au transport de la propriété par dons et ventes fut oubliée, cl en conséquence, aucun soulagement ne fut procuré aux deux classes nombreuses d'hommes appartenant aux partis opposés.

Dès le commencement des troubles civils, beaucoup de roya- . listes disposèrent d'une partie ou de la totalité de leurs biens pour subrenir aux besoins pécuniaires du roi» ou se mettre en état de letsr des hommes et de servir d^ns les armées royales; et k la fin des troubles, ils furent tous forcés d^avoir recours h des me* sores semblables pour acquitter leurs dettes et payer les fortes amendes auxquelles ils étaient mis par ordre des gouvernements révohilionnaires. On ne saurait nier que ces honnnes oussrnt beaucoup de droits a la reronnaissance et h la pitié du roi et du parlement; mais ces droits furent méconims; les ventes avaient eu lieu de leur consentement; ils étaient liés par leurs propres actes, et condamnés k murmurer dans la pénurie et le désespoir. â<» Les terres qui appartenaient à la couronne, aux évèques, doyens et cbapitres, et à quelques cayaliers distingués, ayaient été données comme récompenses, ouTendues au plus oifirant ou au plus favorisé. Ces terres maintenant étaient réclamées; des prises de possession forcées eurent lirMi ; et les occupants a qui il n'était pas permis de faire valoir un titru émané d'une autorité usurpée furent forcés de se soumettre h un droit ou h un pouvoir supérieur. A Targument qu^ils étaient pour la plupart des acquéreurs do bonne foi, on répondît avec vérité qu^ils avaient accepté le risque avec le bénéfice ; mais lorsqu'ils en appelèrent à la ce juste satisfoction f> promise dans la déclaration royale de Breda, Clûirles lui-même rougit de la rigueur de ses officiers et de ses adhérents. H recommanda par proclamation des mesures de douceur et de conciliation; il fut d"avis d'admettre les acquéreurs révolutionnaires comme tenanciers nioyeiinant de légers reliefs; et h la requête collective des deux chambres, il établit une commission pour arbitrer entre les parties contendanles. La conséquence fut, toutefois, que, tandis qu'il était permis en général aux acquéreurs des terres de la couronne de rester en possession, les acquéreurs des terres de TEglise furent, dans beaucoup de cas, traités avec une extrême sévérité. Les possesseurs de bénéfices avaient euxmêmes été victimes de mesures rigoureuses ; ils étaient vieux, et par conséquent jaloux de pourvoir au soutien de leurs familles après eux ; ci au liou do ieuii' compte do id rucomniandation

bi)0 IIISTOIKE D'ANGLETEEUvL.

ruyaiCi iU ue firent aucune dislincliou outre les euchérisseursy mais choinrent pour teuanders ceux ijui leur firent les offres les plus avautageuses ^ *

9" Pendant la première période de la révolution, les ministres presbytériens avaient pris possession des églises paroissiales; mats leur orthodoxie n'était pas moins intolérante que celle de * leurs prédécesseurs, ol ils poursuivirent avec une égale violence les délits théologiques du schisme et de Thérésie. Cependant, en dépit de leur zèle, res|iri( de secte continua de s'étendre; par degrés, Fautorilé civile et niililaire passa aux mains des indépendants ; les presbytériens I à mesure que leur pouvoir diminua, tournèrent leurs yeux vers le prince exilé ; et leurs ministres^ autant que la prudence le permettait, jouèrent avec succès le rôle de zélés missionnaires de sa cause. A présent que Charles avait recouvré la couronne, devait-il chasser de leurs bénéfices les hommes qui lui avaient rendu ces services, ou devaitpil les protéger et laisser le clergé épiscopal languir dans la privation et le besoin? Il y avait de Tingratitude prendre le premier parti, et de plus, il y avait du danger. C'était provoquer les membres presbytériens, qui étaient en majorité dans la chambre des communes, à se déclarer contre la cour; des milliers de chaires s'uniraient pour prêcher le devoir de la résistance; et le souffle des prédicateurs pouvait rallumer sans peine le feu mal éteint de la guerre civile. D^un autre côté, ses principes le poussaient, et il était engagé d^honneur à rétabBr la hiérardiie que son père avait défendue au prix de sa couronne et de sa vie. Les cavaliers la réclamaient hautement, et Ilyde la représentait comme le plus sûr rempart du trône. Charles nliésita point : TEglise d'Ecosse fut sacrifiée à celle d'Angleterre ; et toutes les difficultés furent surmontées par Vadi esse singulière du ministre, jointe aux manières engageantes et à la modération réelle ou ailectée du monarque.

Que Tempire des anciennes lois fût revenu avec le représentant des anciens rois, c^était un principe que personne ne se hasardait à contredhre ; mais un principe qui faisait trembler pour Tidole de leur culte les partisans des « ligue et covenant solennels, » et

qui menaçait le clergé presbytérien de la perte de ses bénéfices. Son principal espoir était dans la déclaration de Breda, qui promettait rassentimcnt royal u uu acte du pailumeut qui coucilio-

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