‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 229 sur 276 · Le roi portait le deuil en Tiolet. Pep · texte numérisé non relu

Le roi portait le deuil en Tiolet. Pep

térieurs < ; elle fui remaïquée par le jeune prince et eut Tadresse d'obtenir de son amant une promesse, et ensuite un contrat secret de mariage [24 noT. 1659]. De La Haye elle suivit la famille royale en Angleterre, et au bout de quelques mois son état décida

Jacques a Vépouser clandestinement selon le rite de 1 l^^iisc d'Angleterre^ [3 sept. 1G60] et a révéler l'important secret au roi, dont les objections (car il Fapprit avec (-liagrin) furent bientôt levées par les instances passionnées de sou frère. Pour la plupart des pères cette alliance eût été un sujet de joie; mais Hyde» avec des témoignages de colère, dont 1 extravagance aurait pu faire douter de leur sincérité, affecta de déplorer la honte de la famille royale, et conseilla èi Charles d^envoy^ cette femme présomptueuse à la Tour, d'après les exemples des règnes anté« rieurs. Ne pouvant persuader le roi, qui peut-être riait en secret d(j son /x'io ollit'icux, il renferma, en vertu de son autorité paternelle, la lillt! rebelle dans une chambre de sa propre maison, tandis que, par la contiivence de quel({u'un de la famille, probablement la mère , Jacques avait un libre accès à la cellule de la captive, et cherchait pas son assiduité à la consoler du mécontentem^t rédl ou supposé de son père. Et celui-ci n'eut pas de grandes raisons de se plaindre. Le roi lui fit présent de 20,000 livres, et Téleva à la piBùrie, sous le titre de baron Hyde de Hindon' [3 nov.].

Le choix de Jacques fut sévèrement condamné par sa mère, par sa sœur aînée et parles ennemis politiques du chancelier. La

princesse d'Orange, qui était arrivée depuis peu en Angleterre, déclara au roi [23 sept.] qu'elle ne céderait jamais le pas a une fenmie qui s'était tenue comme domestique derrière sa chaise. La -reine mère se laissa aller aux reproches les plus amers, et hâta la visite qu'elle avait promise à ses enfants, afin d'empêcher un affiront si déshonorant pour les maisons royales d'Angleterre et de France ^. Charles Berkeley, qu^il fClt influencé par son ini-

1. « La (luclu sse d'York est fort laide, la Louche exlraordiiuiirt incnt fendue e les yeux fort eraiiles, mais très-courtoise. > Journal de Monconis, p- '•2-2. Hamilton dit qu'elle a Tair grand, la taille astes beUe, et beaucoup d*espiit (Mém. de GraniiDont, i»S149, édition de Caan); Pepya, qu*éUe était laide, comme sa mère, i, 188.

2. Registre de Kennet, tiré du liTie du conseil^ 381. 8. Clar.81,88.

4. Kilo avait drjà l'intention de venir iiour voir tous ses enfants ensenible et s'occuper de son douaire. Clar. 32-2C. U paraîtrait aue les terres qui lui avaient etc assignées comme douaire avaient été en granae partie diviBées entre des personnes qui aTaient conlribué à la mort de son mari. Aprèf enquête, il se

nàM j^urllydei onpftrreepofir do tÉliesatortuiie, linlkleor «ide en iffirmant «mis Mmeiit qu'Anne atait été jadis sa mattresse, et produisant le comte d'Arran , ïermyn , l^lliel «t Kû-

li^ew, comme témoins qu'elle avait mené une conduite libre et dissolue. Enfin, on mit en avant des théologiens et des légistes, graves et savants casuistes, qui soutinrent en présence du duc, i qu'aucun contrat secret de mariage souscrit par lui ne pouvait être valide sans le consentement préalable du souverain. La résolution de Jacques fiii ébranlée; il interrompit les visites à Wometer^Kmes, et amra k sa mère et h sa sœur qu'il avait OMé de regarder Anne comme sa femme légitime*

Quelques semaines aprbs, elle aoeoncba d*nn fils [2S oct.]. Pendant qu*e!le était dans les donlears de l'enfbntement, son confesseur, le docteur Morley, évêque élu de Worcester*, se tenant auprès du lit, la conjura, au nom du Dieu vivant, de dire la vérité devant les nobles dames qui étaient présentes par ordre du roi. A cos questions , elle répondit que le duc était le père de son enfant ; qu'ils avaient été unis Tun à l'autre devant témoins, et i qu'elle lui avait toujours été âdèle. i

Depuis quelques jours , Jacques était silencieux et triste. La naissance de lofent et les assertiens de la mère révefflèrait son aidetien ; interrogé, Berkélej avoua que ses charges contre elle étaient des calomnies, et le duc, honteux de sa crédulité, résolut de lui rendre justice. Il l alla voir chez son père, fit venir ses accusateurs, et les lui présenta en lui donnant le titre de duchesse d'Yoriv. Us mirent un genou en terre; elle bnir donna sa main à baiser, et, fidèle aux instructions de son mari , elle ne ténioigna jamais depuis d^iuimitié contre eux. Une de ses ennemies, la piiiH eeese d'Orange, mourut [26 déc], et la reine-mère, ^ la reqtidle ministre fcantais Mazarin, qui désirait de se concilier le chancelier) se désista de son opposition. Anne taX reçue par eDe à k eour d^m air rf anfl {1^ f anv« , et saluée du nom de fille, et la nouvelle duchesse soutint son rang avec aut^t d'aise et de di-

trouva que les détenteiirs actuels étaient Oker, Wallon, Scroop, Norton, Pridc, V^halley, Edwards et Tichborne, juges du roi; Denby, sergent d'armes de 1a cour ; Lambert et Black well. Joum. des Comm. 33 juin 1060

1. Morlev nom dit quelle avait coutume de recevoir le sacrement tous les mois, puis il ajoute : «ToujoarSy arant de le recevoir, elle faisait une confea- Kion volontaire des ofTcnsos qu'elle croyait avoir commisrs cnviTs Dieu, par omission ou par action, en témoignant son chagrin et promettant de s'amender; pois, «e neltant à genoux, elle demandait et recevait Tabsolution dans la fovDie et les tuimia prawrita par noire Eslifle* » Morley dam Kenndti Reg, SSI.

l gtlUé que 8i elle ne 86 fût jamais troayée dans une 0(mdtlimi in-

j Go mariage était basé sur Taffectimi : fl s'en fit «Biiaila deai

f autres, dont il faut rhcrchor la cause dans la politique des cowrs. j Le traité que Mazariii avait conclu avec Cromweil avait appris au ; monarque français a apprecirr 1 assistance d'une puissance qui f l'avait mis en état de terminer avec honneur et profit la longue i et dispendieuse guerre avec FEspagne. Cependant l'Espagne était ^ encore une rirale redoutable : la paix actuelle n'était considérée par les denx ealnnele qoe comme nn temps d^anét pour rsprai- Are faalehie avant de reoommenoer les liostiMés, et Louis, pour f s^assnrer les serrices de TAngleterre sens la dynastie restamée, ^ résolut de cultiver Tamitié du prince qu'il ayait autrefois excln g de ses états pour plaire a Cromweil. Ce devint, durant tout le ^ règne de Charles, un dos grands objets de la politique française, j. et lo pronùer pas que Ton fit fut de proposer, par rentreniise de j. la reine-mèro, un mariage entre Henriette, la plus jeune sœur de ^ Charles , et Philippe , frère unique de Louis. Cette proposition ofh-ait à Henriette une brillante et séduisante perspective : le roi d'Angtetenre la lecat avec joie el reconnaisBance, et la oétémo* nie fat célébrée [Si mars] arec la magnificence contenaMe» ans* eMi aprks le lelonr de la princesse avec sa mère en France ^ Charles lui-même, en 1659, dans Tcspoir de réparer, h l'aide

^ de la France , la perte que sa cause avait essuyée par la défaite ^ de sir George Booth, avait fait Toffre de sa inain h la nièce du . cardinal Mazarin ; mais le ministre, ayant reçu un rapport détavorable sur le parti roysd en Angleterre, déclina modestement cet iMHmeur, si fort au-dessns des prétentions et des désirs de sa ^ ftmille. An bent de^pielqaies semaines, le ym% de Topinion po* I pnlairetournaenfàyeardelaroyautéfet Mazarin, cherchai re* Aoaer la négodation; mais rardeur du roi pour la nièce s^était déjà refroidi ; pour recouvrer sa couronne, il n'avait plus besoin I de l'assistance de l'oncle , et il ne se souciait pas de s'enchaîner dans les liens du mariage ^. Après son retour, les plus prudents

j 1. Voyez le très-minutieux et très-ridicule récit de toute Taftire MT OteM»>

don, 28-40. Pefyi, I» 144» lâû» iad> 164, 165. M ém. de Gfuui. x, Ssl^MU

; Ces raisons sont données par Louis lui-même corninc l'ayant (LUt-rminé

; à proposer le mariage. OEuvres^ i, 61. Charles, par le ciiutrat de mariage, s en-

I Mgea à doiUMr à sa iOear une dot de 40,000 jacobus et un présent de -Jb.OOO. DmMmt, Yi, part, ii, p. 354.

Page 1