‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 230 sur 276 · Jacques, Mémoiret · texte numérisé non relu

Jacques, Mémoiret

HISTOIRE I>*AIiGLETERRE.

de ses conseillers virent avec peiiiu le scandale qiril donnait par ses amours ; ils rengagèrent souvent et instamment à se marier, et enûn r«xemf»le de son frère le décida à y toBger sérieimment. Mais, pour une cause oa pour une autre» il ayait c(mtracté une inviudble ant^taUiie contre les fàmillee royales el princièra du nord de FEurope , et épouser une princesse catholique da midi, c'était s'exposer h choquer les préjugés religieux de la majorité de ses sujets. Il fut tiré de cet état d'indécision par une proposition tentante faite par Tentreniise do l'ambassadeur de Portugal, a Tinstigation secrète de la cour de France. Durant la guerre entre la France et TEspagne, le Portugal, à Taide de la première, avait conservé son indépendance ; mais , par le traité des Pyrénées , Louis s'était engagé à abandonner à leur destinée la maison de Bragance et ses rebelles partisans. Ce n'était pourtant pas son intention que le Portugal fôt de nouveau incorporé à TEspagne, et sentant bien que le roi Alphonse, prince laiUe, sous la tutelle de sa mère, ne pouvait pas opposer de résistance efficace à son puissant ennemi, il suggéra k la cour de Lisbonne Tidée d'un mariage entre dona Catarina, steur du roi, et Charles, roi d'Angleterre. Cette union porterait le monarque anglais à soutenir les prétentions d<' la famille de sa femme, et ouvrirait un nouveau canal par lequel la France pourrait prêter assistance au Portugal sans violation manifeste de ses relations amicales avec l'Espagne K L'avis fut adopté, et Francisco de Mello» Tambassadeur à Londres, offrit avec la princesse une dot de cinq cent mille livres, la possession de Tanger sur la côte d'Afrique, et de Bombay dans les Indes orientales, et la liberté du commerce avec le Portugal et les colonies portugaises. Charles consulta Hyde, Ormond, Southampton et Nicholas; leur avis s'accorda avec rinclination du roi,

1. « Le premier, de soutenir les Portugais, que je voybis en danger da so^

comber bientôt sans cela; le second, de me donner plus de moyens de les assister moi-même, si je le jugeois nécessaire, nonobstant le traite des Pyrénées, qfd me le déféndoit. » Louis, Œw^êt^ i, Oi. Il est amusiuit d'obserrer oottm(?nt le royal casiiiste s'y prend pour justifier ces menées souterraines, TenTOii sous de faux noms, de troui)es à l'aide d'une puissance qu'il s'était obligé par traité à abandonner entièrement. 11 nous dit que l'expérience des siècles avait appris aux cours de France et d'Espagne à connattrei» valeur réelle des mots employés dans les traites entre elles; que les expressions «paix perpétu elle •» et « sincère amitié, » etc. , avaient aussi peu de sens que les o<»npiiments dans la contersatiou ordinaire ; et qu*aucune des deux parties n'attendait rien de plus de l'autre <ju<' de s'abstenir de violations manifestes et publiques des articles, tandis que cliacune restait eu liberté de faire à sa rivale, par des voies clandestines et détournées, tout le mal qui était en son pouvoir. CTétait une conséquence nécessaire du grand principe de TeiUer à sa propre oonaerratlon. Iliid.

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