‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 42 sur 276 · Roahw. T, GOl. Clar. ii · texte numérisé non relu

Roahw. T, GOl. Clar. ii

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aimes; et, à peu d'e\ceptioii8 près, entrèrent dans les rangs de leurs adversaires. Parmi les noms des officiers pris, se troave celui du célèbre coUmel Monk, qoi fui plos lard relâché' de la Tour pour jouer un rôle plus brillant, d'abord au service de la république, et ensuite dans le rétablissement du trône

Peu de jours avant cette victoire, les Ecossais avaient passe la Tweed [16 janvier L idée qu'ils étaient engagés dans une sainte croisade pour la réforme de la religion, leur faisait méprisor ((Mîtes les difficultés; et quoique le temps fut orageux , quoiqu'une niMirc épaisse couvrît la terre, leur enthousiasme les ])0ussa en avant et en masse telle que les royalistes n'osèrent pas leur tenir téte. Leur chef voulait surprendre Newcastle ; il fut désappointé par la célérité du marquis de Newcastle, qui, la veiUe [2 février], s'était jeté dans la ville ; et après un siège de trois semaines [28 février], laiamineforçato ennemis d^abandonnerTentreprise. Remontant la rive gauche de la Tyne, ils passèrent la rivière è Bywell [2 mars]; et se hâtant d'aller [lar Ebchester h Suiiderland, ils prirent possession de ce port [^ mars], pour s'ouvrir une commimication par mer avec leur pays. Le marquis ayant rassemblé son armée, leur offrit la bataille; et lorsqu'ils eurent refusé de combattre, il les enferma pendant cinq semaines dans leurs propres quartiers. Autant les progrès de leur marche en Angleterre avaient encouragé les espérancesde leurs amis dans la capitale, autant leur inaction subséquente provoqua la surprise et les plaintes. Mais lord Fairfax ayant été rejoint [11 avril] par son fils victorieux, accourut du Chedûre, dispersa b.Leeds les royalistes commandés par le colonel Bellasis, fils del<^ Falconberg; et le danger d^étre enfermé entre deux armées décida le marquis de Newcastle a se retirer de Durhaiu a York [1^^ avrilj. Il fut promptement suivi par les Ecossais; ils furent rejoints par Fairfax, et l'armée combinée mit le siège devant la ville [20 avrilj. i\e\vcastlc méprisa d'abord leurs tentatives; mais l'arrivée du comte de Manchester, à la tête de quatorze mille hommes, le convainquit du danger, et il sollicita vivement [3 juin] des secours du roi ^.

Mais au lieu de suivre les opérations militaires dans le nord, il devient nécessaire de s'occuper de celles qui avaient lieu dans d'autres parties du royaume. Bans les comtés de la côte méri- • dionale il avait été livré plusieurs combats, avec des succès di-

1. Rushw. V, 900, 303. Fairfax, 434, éd. de Ma.scros. S. JUasbw. Y, S^H, BaiUie, ii, 1, 6, 10, S», Joum. 5Sii.

Tcrs et sans résultats importants. Tous les yeux éfôicnt fixés sur les deux grandes- années qui étaient aux environs d^OxIord ^de Londres. Le parlement déclara sa résolution de remettre le succès de la cause h une grande et déctsive bataille, et, dans cette vue, on flttousleseffofrtspossiblesponf Rêveries troupes d*Es« sex et de WaBêr au fîrfffre do vingt mille hommes. Ces généraux marchèrent séparoinont, dans Tospoir d'enfermer le roi ou do Tassiéger dnn? Oxford ^ Sentant son infériorité, Charles, par une habile nianœuvro, passa avec sept mille hommes entre l<'s divisions onnt'inies [3 juin], et arriva heureusement h Worcesler [6 juin]. La jalousie des commandants ne leur permettait pas d'agir de concert. Ëssex dirigea sa marche sur le Dorsetshire ; Waller se chargea de poursui? re le monarcpie fugitif. Charles le trompa de nouyeau. 11 fèignit de vouloir longer la rive droite de la Sevem de Worcester k Shrewsbury [15 juin] ; et lorsque Waller, pour le prévenir , accourut de Broomsgrove prendre possession de cette ville, le roi se retourna h Bcwdley [20 juin], revint sur ses pas vers Oxford, et, rassemblant son armée, battit les quartiers de l'ennemi dans le Ihickinghanishire. En deux jours, A\ aller était revenu au CharAvell, qui séparait les deux armées; mais une action malheureuse au pont de Copredy [29 juin] arrêta son impétuosité, et Charles, profitant de cet avantage pour repasser la rivière, marcha sur Evesham à la poursuite d'Essex. Walier ne le suivit pas : ses forces, par la fatigue, la désertion et sa dernière perte, avaient été rédidtes de huit mille hommes )i quatre mille, et le comité des deux royaumes rappela son général éivori de cette l^tigante et inutile poursuite*.

Durant ces marches et contremarches, dans lesquelles le roi n'avait pas d'autre objet que d'échapper h ses ennemis, dans Tespoir que quelque heureux événement ferait pencher la ba-

1. A son départ de Londres* Sssex requit l'assemblée des théologiens d'observer un jeûne pour son succès. Le lecteur peut apprendre de Baillie comment il fut célébré : « N ous passAmts de cinq à neuf heures dans la grâce. Après que le docteur Twisse eut debuie pur une courte prière, M. Marshall pria deux grandes heures, confessant divinement les péchés des membres de l'assemblée d'une façon merveilleuse, pathétique et prudente. Après, M. Arrowsraith prêcha une heure i puis, un psaume. Eosuitei M. Vines pria près de deux heures, et W.Paliner prêcha une heure, et M. Seaman pria pres Ad deux heures ; puis, un psaume. Après, M. Henderson ouvrit une charmante conférence sur la vivacité confessée dans l'assemblée, et autres defautvS aperçus et à corriger, et sur la convenance de prêcher contre toutes les sectes, spécialement les anabaptistes et les antinomiens. Le docteur Twisse finit par une courte piière et par une bénédiction. Dieu était si évidemment dans tout cet exercice, que nous nOQB attendons certainement à une bénédiction. » Baillie, ii, 18, 10. •

a. Rushw. V, G7U-(i76. Olar. iv, 487-493, ^Jl-Mi. BailUe, «, 18.

lanro on sa faveur, il reçut des dépêches du marquis de Nowcastle. L'infortuné prince vit h Tinstant le danger qui le menaçait. La prise d'ïork le priverait des comtés du nord, et la jonciion subséquente de Tarméo des assiégeants avec ses adversaires du sud constituerait une loroe contre laquelle il aérait iimUle de lutter. Sa seule ressomce était dans le oonreie etfao* UtîIô du piineeRnpen. U ordonna [14 juin] k ce oommandant de laMeoMer toutes les troupes qu^il pourrait, de courir dans le Torkriiîrey de combattre rennemi et de se rappeler que deux dioses étaient nécessaires au salut de la couronne : secourir la ville et défaire Tarniée combinée ».

Au commencement du printemps, Rupert avait quitte ses quartiers pour iiiarclier sur Shrewsbury [21 mars], avait surpris Tarmée parlemealaire devant ]Ne>vark, et après une vive action Tavait forcé de capituler [25 mai]. Il était maintenant occupé dans le Cheshire et le Lancashire, où il avait pris [11 juin] Stock* port^ Bolton et liYerpool, et avait fait lever le si^ de Lathamhouse» que la comtesse de Derby ayait Taillamment défendue pendant-dix-hnit semaines* AureQU de Tordre du roi» & prit aveo lui une partie de ses hommes et quelques régiments récemment arrivés d'Irlande ; les renforts affluèrent en route, et, h son approche, raruiée combinée jugea prudent d'abandonner les travaux qu'elle avait faits devant la ville. 11 fut reçu avec des acclamations do joie [1®^ juillet]; mais il quitta York le lendemain pour livrer la sanglante et décisive bataille de Marston-Moor 2. Les deux armées, conformément à la tactique militaire du temps, forent rangées en ligne, rinfaptene en trois divisions, avec des considérables de cavalerie sur chaque flanc. Elles étaient à peu près égales en nomlae, s'éleyant de vingt-deux à vingi-cinq ndBe hommes; maisUy avait eette partioulunté dans la dispositiim des parlementaires, que, dans diaque division, les Anglais et les Ecossais étaient mêlés, pour éviter toute occasion de jalousie ou de querelle. Il était alors cinq heures de l'après-midi, et, pendant deux heures, il se fit une pause solennelle, les deux armées se regardant dans le silence de Tattente, et n'étant séparées quo par un fossé ou ruisseau étroit. A sept heures le signal fut donné,

et Uupert, à la tôte de la cavalerie royale à droite, chargea avec

1. Voyez sa lettre dans les Mvmoires â'Evphjn, u, App. 8S. Klle justifie complètement Kupert du reproche d'obstination et de temerito pour avoir livré Ift bâtaine mlMëqaeiite ét Manton-Moor.

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