CHAPITRE DEUXIÈME
Mais les chefs de Westminster jugèrent nécessaire d'apaiser les murmures d'un grand nombre leurs propres partisans, que leur ardent désir du rétablissement de la paix portait à supposer des motifs intéressés aux avocats de la guerre. A la première apparence de rupture, on avait nommé un comité de sûreté, composé de cinq lords et de dix membres des communes, chargé de faire les fonctions du pouyoir exécutif, et soumis h Tapprobation et à Fautodlé des chambres* Blaintenaot que les Ecossais éitâimi eonTenos de prendre part à la guerre, ce comité, après une longue résistance de la part des lords, fut dissous et on en établit à sa place un autre [16 février ], sous le nom de comité des deux royaumes, composé de quelques membres de chaque chambre, et de certains commissaires des états d'Ecosse ^ Les pairs regardèn'nt ce nouveau rorps d'un œil de jalousie, et lorsque les communes, par suite de rapports défavorables, Tinvestirent de la tâche de « préparer les bases d'une paix juste et assu- » rée dans tous les états du roi,» ils trouvèrent à redire, non à la chose, mais aux personnes, et nommèrent pour le même objet un autre comité [26 avril]. La lutte dura six semaines ; mais Finflaence de la chambre haute avait diminué avec le nombre de ses membres, et les lords ftirent forcés de se soumettre, h Tabri d^un amendement sans importance, pour sauver leur honneurf29 avril]. Les propositions présentées maintenant comme base d'une réconciliation étaient en substance les suivantes : le covenant avec robligation d'y souscrire, la réforme delà religion conf(»rméni("nt à ses dispositions, et Tentièrc abolition.de Tépiscopat seraient confirmés par acte du parlement ; la suspension de la guerre en Irlande serait déclarée nulle par la même autorité ; un nouveau serment serait formulé afin de découvrir les catiioliques; les peines de non conformité seraient strictement appliquées ; les enfants des catholiques seraient élevés dans la religion protestante ; certains Anglais, protestants de nom, tous les papistes qui avaient porté les armes contre le parlement, et tous les rebelles irlandais, catholiques ou protestants, qui avaient prêté assistance h Tarmée royale, serai(^ut exceptés de ramnistic générale ; les dettes contractées par le parlement seraient payées sur les biens des coupables ; et les commandants des forces de terre et de mer, les grands ofûciers d'état, le député d'Irlande et les juges seraient nonunés par le parlement, ou par les conunissaires du
1. ^oum^ta Conm. dOianv. 7, lo, 12, ISféV. Des Lords, 12, IG fév.
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parl»nnoiU, ot roslornioiit en i>ki( 0 tant qu'ils se conduiraient bien. Le ton de ces propositions prouvait que la dissidence entre les partis étaient plus grande qu'auparavant, et que la paix dépendait de la victoire que Tim d'eux, plus fort oa plus heureux, remporterait sur Tautre ^
Le lecléor doit f*an<lfter ici, et annt de passer anx éf énements de la campagne mdvaDtc, jeter un coup d'oil sur les divers expédients financiers adoptés par les parties contendantes. Le manque d'argent était un mal qui leur était commun ; mais il était supporté j4us aisément par les patriotes, qui possédaient des ressources considérables dans les richesses de la capitale, et étaient moins retenus dans leurs demandes par des considérations de délicatesse et de justice. 1° Ils pouvaient, dans les cas d'urp^ence, lever de forts subsides par voie d'emprunt sur les négociants de la Cité, qui osaient rarement refuser, ou, s'ils le faisaient, étaient forcés de céder par des menaces de saisie etd'em^Nrisonnement. Pour toutes ces avances, on promettait un intérêt au taux ordinaire de huit pour cent, et « la foi publique était engagée pour leiemy> hoursement du capital.» 2' Quand le parlement ordonna la première levée de soldats, un grand nombre de ses partisans souscrivirent pour des sommes considérables en argent, en vaisselle, en armes ou en provisions. Mais on demanda bientôt pourquoi le fardeau tombait exclusivement sur ceux qui pensaient bien, et les chambres, profitant de l'avis, ordonnèrent que tous les non-souscripteurs, dans les villes et dans les provinces, seraient forcés de contribua du vingtième de leurs propriétés, pour le soutien de la cause commune. 3« Cependant les besoins de Tannée croissaient chaciiie jour, et, comme ressource tempoiaire, on décréta que • chaque comté pourvoirait à la subsistanoe des hraimes qu^il aurait fournis ; ft* et cet expédient tat suivi d*un antre plus durable; une taxe hebdomadaire de dix mille liv. sur la viUe de Londres, et de vingt-quatre mille liv. sur le reste du royaume, h lever par comté, h la maniriv des subsides, b" Kn outre, les biens tant mobiliers qu'inunobiiiers de tous les délinquants» c'esb-k-dire de tous les
1. Joum. 15, SD, 33, 39, 30 niftrs. 3, 5, 13, 16 ttrr. Snr la question de saroir si
elles traiteraient conjointement avec les Flcossais, la division des communes fut de 64 contre G4; mais les non obtinrent le \ oîe décisif de l'orateur. Baillie, i, 446. Voyez aussi les Journaux, des Lords, VI, 17:{,1S:^, 401,501,514,519, 5-27, 531. Telle 4lalt«i effet la dStsenalon entre elles, que Baiil.r dit quelles auraient accepté la première proposition dt-s chambres d'Oxford , si l;i nouvelle que les Ecossais avaient passé la Tweed ne fût arrivée quelques heures auparavant. EUe donna le taeug aux paitisaiùi de la guenre. Baillie, 488» 480.
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individus qui avaient poi tû les armes pour le roi, ou lui avaient fourni de rargont, ou, d'aucune manière et sous aucun prétexte, s'étaient opposés au pailemani, lurent séquestrée et confiés à la geetion de certains coiiiBii8saires, autorisés à recevoir k)s reotes, à saisir Taigenl ei les narobancUsea, à poûrwiiTre le recouvre* nienl des opéaiioea» el k Terier Itef revenus au tréior. 6"* PuisTÎnt raocise, impAi d'origine «xotique, et jusqu'alors ineonnu dans lo royame. 11 souleva bieii des objections ; mais Fample et constant secours qu'il promettait, en assura Fadoption ; et ajdcs une série de débats el de conféronres, qui occupa les chambres p(Midant trois mois, les nouveaux dnnts, qui \q plus souvent devaient être payés par le premier acquéreur, furent imposés tant sm- les articles déjà sujets aux douanes, que sur une classe nombreuse de déniées de provenance ou de kbricatioD indignes a. Ënûn, ooflune addition à ces diverses sources de revenu, les chambres n'ea refosèreni point un astre d'une nature pUis singulière. Beaoocop de patriotes étaient dans Tusage d'observer un jeûne bebdonadaire pour le succès de leur cause; et idSn que leurs bernes ne profitassent pcnnt de Texercice de leur piété, ils avaient soin de yerser au trésor le prix du repas dont il s^Haienl abstenus. Si les autres ne voulaient pas jeûner, il était du moins possible de les faire payer, et dos commissaires furent chargés par ordonnance de jtarcourir la ville, de taxer chaque chef de maison â raison d'un repas pour sa famille; el de recueillir l ar^^ent tous les mardis pendant les six mois suivants. Grâce à ces expédients, les deux chambres parvinrent à soutenir la guerre, quoileurs embanes pécuniaires ûiasent continu^leiiirait multi* l^s par raocttBuilation oreîssaote de leurs dettes et l'inévitable augmentation dé leurs dépenses ^.
Quant au roi, sa première ressource fut la Tente de sa vaisselle et de ses joyaux ; la seconde , le généreux dévouement de ses partisans, dont un grand nombre le servirent, pendant toute la guerre,* à leurs propres frais, et plutôt que de devenir à
1. Il faut observer queVacciso, dans son enfance, s'étendait à la bière forte, à l'aie, au cidre, au poirée, au vin, à l'huile, aux figues, au^ucre, aux raisins secs, au poivre, au sel, à la soie, au tabac, au savon, aux liqueurs fortes, et «ème è U Tiande, ^ii*eUe fftt «Kposée Toale au WÊnché, ou tuée par aet familles particulières pour leur propre consommation. Joum. vi, 87*-?.
2. Ibid. V, 4';n, 466, 482 ; vi, 108, W!t, l, H, 950, î>72. Journ. des Cnmm . S5nov. 8 dec. 1642. 23 fév. sept. lt>43. murs UM4. Unslnv. v, 71, 150, 209, 748. Il faiit se rappeler que, selon la déToUon de répoi^ue, <^ un jeûne exigeait nne id)stiiu>nce totale de toute nounliure jusqu'à la fin dii jeûne.» Directoire pour le culte public, p. 33.
charge a leur souverain, engaf;èront leur dernier acre de terre, et restèrent, eux et leurs fa mil le s, sans moyens de subsistance future. Dès qu^il eut levé Uétendard, il sollicita des emprunts de ses amis, donnant sa parole de reconnaître leur empressement, et affectant à leur remboursement certaines portions des terres de la couronne, garantie fort précaire tant que Tissue de la lutte demeurerait incertaine. Mais Ûappel ne fut pas fait en Tain. Beaucoup de gens avancèrent des sommes considérables sans se réserver aucun titre a rémunération, et d'autres prêtèrent si franchement et si abondamment, que cette ressource fut productive au delà de toutes ses espérances. Cependant, avant le commencement de la troisième campagne, il fut forcé de consulter son parlement d'Oxford. De Tavis de celui-ci, il expédia des sceaux privés qui rapportèrent cent mille livres, et, à Timitation de ses adversaires, il établit Taccise, qui lui donna un secoura constant, quoique peu copieux. En outre, ses giœnisons se suffisaient à elles-mômes pftr des contributions hebdomadaires sur les municipalités voisines, et les comtés quis^étaient associés en sa faveur, fournissaient la paye et la subsistance de leurs propres troupes. Néanmoins, après tout, il était manifeste qu'il n'avait pas les mêmes facilités pour lever de l'argent que ses adversaires, et qu'il devait Unir par succomber, ne fut-ce que par pauvreté, moins qu'il n'amenât la lutte à une prompte conclusion *.
Les deux partis avaient faits tous leurs efforts dans ce but, et les Irlandais et les Ecossais avaient été appelés en Angleterre afin de combattre pour le roi et pour le parlement Les rigueurs de Phiver n'apportèrent aucun répit aux opérations de la guerre. Cinq régiments irlandais, premiers fruits de la suspension d'armes en Irlande, arrivèrent h Mostyn en Flintshire [nov. leur réputation plus que leur nombre abattit le courage de leurs ennemis; aucune troupe n'osa leur tenir tête; et h mesure qu ils avançaient, tous les postes étaient abandonnés ou rendus. A la fin, la garnison de Nantwich arrêta leur miudie [15 janv. et tandis qu'ils étaient (x eupés à ce siège, sir 'Ihomas iairfax arriva avec une force supérieure du Yorksbire. Pendant deux heures [25 janvier], les Anglo-Irlandais, sous les ordres de lord Byron, opposèrent une résistance obstinée aux assaillants du dehors et k la garnison Û0 la ville; mais dans un moment de désespoir, seize cents hommes dans la tranchée jetèrent bas leurs