‹ Histoire d'Angleterre (volume 2)Chapitre 79 sur 276 · App. aux Mém. d'Evelyn, ii, 1S · texte numérisé non relu

App. aux Mém. d'Evelyn, ii, 1S

'2m HISTOIKK i) A;N(iLi«:rt:iuu:.

danfi TaFiuéâ. \\ donna à tous deux copie des insU'UcUoiiâ qu'il a?aît reçues du parlement pour la sûreté de la personne du roi; vais le caractère de AoUe était cooiiUi il avait été accusé du des« sain d'ôter la vb aa roliSii mois aupforaTant, et ayaii échappé au jugement par riadttlgence dii grand jury ^ qui dédara Les preuyes insuffisantes, pâme que le Mi |srmcipal n^étail attesté que par le serment d'un seul témoin ^

Le lendemain matin ['29], un homme déguisé ordonna à un des serviteurs du roi d'informer sun maître quimo force iiiililaire était en marche pour le faire prisonnier. Charles aussitôt consulta le duc de Richmond, le coint(^ de Lindsey et le colonel ('oke, qui se réunirent pour le conjurer de sauver sa vie par une fuite immédiate» La nuit était sombre et orageuse ; ils avaient ccm.«r naissance du mot d'ordre, et Coke lui dirait 4qs chevaux etilQ katoau. Mais le roi objecta qu'il était engagé sur rhonneui k rester vingt jours après le traité, et il ne voulut point admettre la dîslinetion qii% suggéraient, que sa pafde n^avait pas été donnée k Vwnéêf mais au parlement Ce fût en vain qu'ils argu-r montèrent 6t supplièi»ent : Charles, avec son obstination caractéristique, alla se coucher vers minuit [30] ; et jieu après, le lieu-» tenant colonel Cobbett arriva avec une compagnie de cavalerie et une d'infanterie, lioreman refusa de le recevoir dans Carisbrook. Mais Rolfe lui oflVit son assistance à Newport. A cinq heures, le voi fut éveillé par un message qui l invitait à $e préparer h partir; ei vers mjdi il était mis en sûreté au difttûAU d|9 Hurst, situé sur un roc solitaire, et rattaché, par une étroite obaossée de denx milles de long, h la côte 0KK>séede {Jamp^iro^*

Le même jour, le tsonsdl des officiers publia une dédaratîon menante oontre la diambre des communes. Elle accusajt la majorité d*aTOir mié ses premiers principes^ et en appelait do son aut(Mrité au «t jugement extraordinaire de Dieu et de tous les honnôtos gens; » invitait les membres fidèles à protester contre la conduite passée de leurs collègues, et k se mettre sous la i>rotection de l'armée ; et affirmait que puisque Dieu en avait donné le pouvoir aux officiers, il leur avait fait aussi un devoir de pourvoir à l'organisation du royaume et au châlii|lâOt des coupables. Pour atteindre ee but, Fairiax dtfigoa plusieurs régiments sur

1. Jour». X, 315, 345, 349, 368, 870, 890. CUv. tti, 884. 9. Roflhw. Tii, 1844-1848, 1860. Herbift, 118, 184.

CllAPlTKfc; QUATIUÈWE. 207

howSâteê [2 déo.], et étaUit léurs qiiArtiers ! WhiiehaU, è YorkfaoQsç, aux Mem et aox alentoms de la dté

Le lecteur doit iie lappeier la conduite pusniaBime des iiiem« bres presbytériens à rapproche de Tarmée en UM. Cette fbis, ils résolurent de racheter leur réputation. Us ne trahirent aucun symptôme de crainte, aucune disposition se retirer ou h se soumettre. Au uiiliru du bruit des armes et des menaces des soldats, ils accomplirent chaque jour leur devoir au parlement, déclarèrent que In snisie de la personne du roi s'était faite h leiu" insu et sans leur consentement, et se mirent à examiner la tendance des concessions de Charles dans le traité de Newpori. Ge<^ donna lieu au débat le plus long et le plus animé qui soit connu dans rhistoire du pariement. Vane fit un portrait des plus déAi?orables du roi, et repréamata toutes ses promesses et ptoteetations eomme Taines et ftiusses; Ilennes devint, pour la premièré fbis^ Tapolégiste du roi, et réfùta les charges avancées par son collègue, le commissaire ; et Prynne, le célèbre adversaire de Laud, sembla oublier son antipathie contre la cour, pour fustiger l'audace et la perfidie de l'armée. La discussion continua, par ajournements successifs, trois jours et toute une nuit ; et le malin, à la dernière division, il fut décidé, h une majorité de lrent<'-six voix, que les offres du souverain présentaient une base suffisante pourTorgar nisation future du royaume^.

Mais on ne laissa pas les Tainqueurs jouir de leur triomphe. Le lendemain [6 déc.], Skippon renvoya les gardes des deut diambres, et les remplaça par deux régiments de Tarmée, un de cavalerie et un dMnlinlerfe. Tandis que Fairfax^ le commandant en chef, était \ dessein occupé h une conférence avec quelquesuns des membres, le colonel Pride se pos'a dans le vestibule ; il avait à la main une liste de noms, et le lord Grey se tenait \\ coté de lui pour lui désign(»r les membres; et cinquante-deux presbytériens, les plus distingués du parti par leur talent ou leur influence, furent arrêtés et conduits en différentes prisons. Beaucoup de eeuï qtii échappèrent à celte éprelive éprouvèrent un traitement semblable le lendemain ; et la chambre» après plusieurs purifications, se trouva composée d'envîroB cœquABte membres,

î. Rnshw. vil, 1;H1, 13')0. AVhitflock, 358.

3. Journ. 1, 2, 3, 5 déc. Clar. Pap. ii.App. xLvni. Gobbett, Hist. Pari. 115S. Dans quelques-unes des divisions précédentes, la ehambre se composait de deux eent qunranlo mcmlirc?^: mnî<; p!nsictir.<; pnraiMOUtB^ètltoTelIfék pC&dMltUl nuit» à la ûn, ils n'etaieut que ùqux cent douze.

m HISTOIRE D'ANGLKTERKE.

qui, dans le langage bizarre du temps, furent désigués d&puis sous l'honorable dénomination de a Croupion K »

Que ce fût par politique ou par hasard, Cromwell n^était {Mis présent et à même de prendre part h ces mesures extraordinaires. Après sa victoire de PrestODi il s'était mis à la poursuite de Monroe, et ayait assiégé Timportante ville de Berwick. Hais ses vues régies ne se bornaient point à PAngleterre. La défoite des royalistes écossais avait relevé les espérances de leurs adversaires dans leur propre pays. Dans les comtés de Touest, la malédiction de Mcroz avait été prononcée du haut de la chaire contre tous ceux qui refuseraient de s'armer pour la défense du covenant; les paysans fanatiques se rangeaient sous les ordres de leurs ministres respectifs; et Loudon et Eglington, prenant le commandement, les menèrent à Edimbourg ^. Cette masse tumultueuse, quoique Argyle et ses montagnards, et Cassilis avec les gens de Carrick et de Galloway, se fussent joints à elle, n'était pas de force à lutter contre Tarmée disciplinée de Lanark et de Monroe ; mais Cromwell ofiirit de s^avancer pour les soutenir [26 s^t.], et les deux parties se hâtèrent de régler leurs dififôrends par un traité qui assurait [30 sept.] aux royalistes leur vie et leurs biens, à condition qu'ils licencieraient leurs troupes. Argyle et ses alliés prirent le nom et les fonctions de comité des états [/i oct.]; Berwick et Carlislc furent remises au général anglais, et lui-même, avec son armée, fut invité h venir dans la capitale. Au milieu des réjouissances publiques, on tint à plusieurs reprises des conférences-secrètes dont le sujet n'a jamais transpiré; et Cromwell, revenant en Angletrare [11 oct.], laissa Lambert avec deux régiments de cavalerie, pour soutenir le gouvernement de ses amis jusqu^à ce «jpfils pussent lever des fOTces suffisantes dans leur propre parti Sa mardie à travers les comtés du nord fut lente, et il n'arriva dans la capitale que le lendemain [7 déc.] de Pexdusioa des membres presbytériens. Sa dernière victoire Pavait

1. Whitel. 358, 359. Journ. des Comm. U, 7 déc. On lappela la purgation de Pride. Qaannte-iepk membies îaienx empriBonnés, et quatre-yingt-seixe exclus.

2. On l'appela rinoursion des Whiggamorfi : nom donné à ces payi;ans, soit de u hingam, mot employé par eux en conduisant leurs chevaux, ou de whig (eu anglais whcvjy boisson de lait aigre, qui formait un des principaux articles de leurs repas. Bumet, Hist. de son temps, i , 4.M. Il senit bientôt à désigner un ennemi du roi ; et sons le règne suirant, on le donna, SOUS la forme abrégée de whiij, aux udrersaires de la cour.

3. Mém. des Uamilton, 307-377. Guttirie, 283-^99. Rushw. vu, 15273, 1986,1986,1895.

GHAPim QUATMÈiOL m

reudii l'idole dos soldats ; il fut conduit avec des acclamations de joie aux apparlenienls royaux do \V hitehall, et rerut, le jour suivant, les remercîments de la chambre des comiauoes pour les services signalés qu'il avait rendus aux deux royaumes. Quant à «es sentiments au sujet des dernières mesures, on n'en formait aucun doute. S'il ne Pavait pas conseillée, il avait eu soin d'approuver la conduite des oiAciers; et dans une lettre à FairfaX| il Fattribuait, par un bksplième, krinspiratîon du Très-Haut ^

Le gouvernement du royaume se trouvait alors en réalité dévolu à l'armée. Il y avait deux conseils militaires, l'un d'élite, composé des (( grands, » ou principaux conimandants; Tautre général, auquel t'iait'nt admis les officiers inférieurs, la plupju l dans les principes des liiveleurs. On -nuiintiniail le piM'mier de viser a rétablissement d'une olij^Mrchie ; aussi leur avis elail reni souvent avec jalousie et méfiance, et leurs résolulious étaient [)arlois repoussées par leurs inférieurs {dus nombreux. Quand une mesure avait obtenu Tapprobatiim du conseil général, elle était portée à la chambre des communes, qu'on s'attendait à la voir sanctionner de son autorité. Cette chambre renouvela [12 déc.] avec docilité le vote contraire aux adresses, décida que la réadmission des onze membres expulsés était dangereuse dans ses conséquences et contraire aux usages de la chambre, et déclara [13] que le traité de rîlede Wight et Tapprobalion donnée aux concessions royales étaient déshonorants pour le parlement, subversifs du Idi-n public et une violation de la foi publique*^. Mais i e n'étaient là que des mesures préparatoires : on réclama bientôt d elle un vote, dont la seule mention, quelques années auparavant, eiit frappé d'étonnement et de terreur les plus hardis d'entre ses membres.

Les ofûciers étaient convaincus depuis longtemps que la vie du roi était incompatible avec leur sûreté. S'il était rétabli, ils deviendraient les objets de sa vengeance ; s'il était retenu en prison, la tranquillité publique serait troublée par une suite de complots en sa &veur. Dans un assassinat particulier, il y avait quelque chose de bas et de lâche qui révoltait la majoi iic ; mais le traduire publiquement en justice, c'était agir ouvertement et hardiment; c'était proclamer leur confiance dans la bonté de leur cause, donner au monde une preuve éclatante de la souveraineté du peuple et de la responsabilité des rois ^. Quand la moliou en fut

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