‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 100 sur 643 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

vernait l'île pour la couronne de Sussex, se défendit avec courage, et Caeadwalla reçut plusieurs blessures avant de pouvoir soumettre son antagoniste. Dans sa fureur, il aurait pris la détermination d'exterminer les naturels et de les remplacer par une colonie de Saxons; mais il céda aux prières et aux exhortations de Wilfrid , et donna à Pévèque , en accomplissement de son vœu , trois cents hidcs de terre , qui faisaient le quart de l'île. Celui-ci transporta cette donation à l'ecclésiastique Bernwine, son neveu, qui, avec l'assistance de Hiddela, établit dans le pays la foi chrétienne i.

Durant cette invasion, deux jeunes princes, frères d'Arvald , s'étaient échappés de l'île, et avaient cherché un asile chez les Jutes de la côte opposée. Ils étaient cachés à Stoneham; mais le lieu de leur retraite fut découvert à Caeadwalla, qui envoya l'ordre de les exécuter sur-le-champ. Cynibert, abbé de Redbridge, se hâta de solliciter et obtint avec peine un sursis jusqu'à ce qu'il eût baptisé les malheureux jeunes gens. Il alla vite à Stoneham, les informa de leur fin prochaine, les consola par l'espoir du bonheur futur, et leur expliqua les principales doctrines du christianisme. Ils l'écoutèrent avec reconnaissance; la cérémonie du baptême fut accomplie, et les deux frères présentèrent avec joie leur tête au fer du bourreau , « dans la ferme espérance , » dit Bède, « d'échanger une existence passagère pour une éternelle félicité*. »

[A. D. 687.] Le royaume de Kent fut ensuite le théâtre de sa vengeance ou de son ambition. Son frère Mollo commandait l'armée des West-Saxons, et les naturels, revenant à la politique qu'ils avaient adoptée l'année précédente, se retirèrent à l'approche des envahisseurs. Mollo, que l'absence de l'ennemi avait rendu négligent, eut l'imprudence de se séparer de ses troupes avec douze des siens. Il fut reconnu par les paysans, attaqué, traqué dans une cabane et brûlé vif. Caeadwalla accourut venger la mort de son frère et livra tout le Kent au fer et à la flamme5.

Dès ses premières relations avec Wilfrid, le roi avait conçu une idée favorable du cuite chrétien. Quand il fut sur le trône, il invita Pévôque à venir dans le Wessex, l'honora comme son père et son bienfaiteur, et se détermina à embrasser la foi de l'Évangile. Un autre prince se serait contenté de recevoir le baptême de son propre prélat ou de celui qui l'avait instruit : Caeadwalla résolut de le recevoir des mains du souverain pontife. [A. D. 688.] Il passa

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