‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 102 sur 643 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

taille se donna à Wodnesbury. Tons deux s'attribuèrent la victoire: mais ni l'un ni l'autre n'osa renouveler le combat

Si les talents d'Ina avaient accru la prospérité du Wessex , la doive de son règne épuisa la patience du plus ambitieux des descendants de Cerdic. Il portait le sceptre depuis trente-deux ans, lorsque l'etheling Gcnulf se hasarda à réclamer l'autorité royale, et bientôt porta la peine de son ambition8. [A. D. 721.] L'année d'après, son exemple fut suivi par un autre prétendant nommé Eadbyrht, qui s'empara du fort château de Staunton, qu'Ina avait récemment fait construire, dans le Somersetshire. Ce fut au moment où une insurrection avait appelé le roi dans le Sussex ; mais la reine Ethelburge rassembla une armée, prit la forteresse d'assaut et la rasa. Eadbyrht eut le bonheur d'échapper aux poursuites, et fut élevé par les ennemis d'Ina au trône de Sussex. Pendant deux années les habitants défendirent avec succès leur indépendance ; mais la troisième ils furent défaits, et la mort d'Eadbyrht entraîna la soumission du pays*. [A. D. 723.]

Ina fut l'ami et le bienfaiteur des ecclésiastiques. Tous les monastères célèbres de son royaume éprouvèrent sa générosité , et l'abbaye de Glastonbury fut fondée par lui avec une munificence vraiment royale *. Les sentiments religieux dont il fut imbu de bonne heure pénétrèrent plus profondément dans son cœur à mesure qu'il avança en âge, et leur influence se fortifia par les exhortations de sa femme, qui désirait ardemment de se retirer dans un cloître. Dans cette \ue, s'il en faut croire le récit de Malmsbury, elle imagina et mit à exécution le plus singulier stratagème. Le le roi et la reine avaient donné une fête splcndide à la noblesse et au clergé du royaume. Le lendemain matin ils quittèrent le château ; mais, après quelques heures de route, Ina, sur les vives instances d'Ethelburge, consentit à y retourner. Il fut surpris du silence et de la solitude qui paraissaient régner dans le château. A chaque pas son étonnement s'accrut. L'ameublement avait disparu; la salle était jonchée de fragments et de débris, et une cochonnée occupait le lit môme où il avait passé la nuit. 11 interrogea des yeux la reine, qui saisit ce moment pour faire à son mari un sermon sur la vanité des grandeurs humaines et sur le calme

Page 1