‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 12 sur 643 · Strab. m · texte numérisé non relu

Strab. m

HTSTOTRfc D'ANGLETERRE.

Les entreprises et recherches des étrangers éveillèrent l'industrie des indigènes. L'étain avait été d'abord leur seul article de commerce ; à l'exportation de l'étain se joignit bientôt celle des peaux, dont les tribus de l'intérieur fournissaient une immense quantité ; le plomb fut ensuite extrait des veines ouvertes au jour ; puis vint, ce qui valait mieux que tout, la découverte et l'usage du fer1. Mais les rapports avaient exagéré les produits de ce pays bien au delà de leur valeur réelle ; et, à l'époque de leur invasion, les Romains se flattaient de l'espoir de conquérir une île dont les rivages abondaient en perles, et le sol en mines de précieux métaux. Leur cupidité toutefois fut déçue : on ne découvrit pas la plus petite trace d'or ou d'argent», et les perles bretonnes n'étaient ni d'une dimension ni d'une couleur à valoir la peine d'être recueillies 5. Mais l'invasion eut un avantage pour les indigènes : ils finirent par trouver des mines de ces mêmes métaux, que la cupidité romaine avait si avidement mais si vainement cherchés ; et leurs exportations, au commencement de l'ère chrétienne, consistaient, si nous en pouvons croire un auteur contemporain et bien informé, en grains et en bétail, en or et en argent, en étain, en plomb et en fer, en peaux, en esclaves et en chiens4.

Quant aux coutumes particulières des Bretons, il n'en a été transmis à la postérité que de rares et imparfaites notions. Un usage étrange et dégoûtant, celui de se peindre le corps, semble avoir prévalu dans plusieurs parties de l'île. A cet effet, les tribus méridionales employaient une couleur bleue, extraite du pastel, qui leur donnait, aux yeux des étrangers, l'apparence d'Éthiopiens. Cet usage était adopté également par les deux sexes, et était consacré dans leur opinion par des cérémonies religieuses5. Une coutume du même genre, et plus barbare encore, était celle de se tatouer, qui régna si long-temps chez les Bretons du nord. Dès le bas Age, on leur traçait sur la peau, avec des instruments pointus, des figures d'animaux ; on frottait sur les piqûres une forte infusion de pastel , et les dessins , grandissant avec le corps , gar-

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