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meau du royaume; mais parmi les personnes investies de l'autorité judiciaire, très-peu avaient les qualités requises pour des fonctions si importantes : l'ignorance était presque générale ; l'arbitraire fréquent. Les hommes puissants refusaient de se soumettre aux décisions , et les faibles se plaignaient d'être opprimés. Les uns et les autres avaient souvent recours à l'équité d'Alfred , qui écoutait aussi volontiers les plaintes des derniers de ses sujets que celles des premiers : tout appelant était entendu par lui avec la plus patiente attention. Dans les cas importants, il revisait la procédure à loisir; et les magistrats inférieurs tremblaient devant l'impartialité et la sévérité de leur souverain. Si leur faute venait d'ignorance ou d'inadvertance , ils étaient réprimandés ou destitués , selon la gravité de la faute; mais ni naissance , ni amis, ni puissance ne pouvaient sauver le juge corrompu ou malveillant1. On lui faisait subir la peine qu'il avait injustement infligée ; et, s'il faut en croire une ancienne autorité, quarante-quatre magistrats furent exécutés par ordre du roi en une année pour des procédures irrégulières ou iniques». Cette sévérité eut les meilleures conséquences. Les juges eurent soin d'acquérir des connaissances suffisantes, leurs décisions furent conformes à la loi ; le crime fut généralement suivi du châtiment, et le vol et le meurtre devinrent aussi rares qu'ils étaient fréquents autrefois. Pour éprouver la réforme de ses sujets, Alfred fit, dit-on, suspendre sur la grande route des bracelets de prix, que nul ne se hasarda à emporter; et l'on ajoute, à l'appui , que si un voyageur perdait sa bourse en chemin , il la retrouvait au bout d'un mois intacte à la même place J. Ce sont là probablement les fictions d'un âge postérieur; mais elles servent à. montrer la haute estime que nos ancêtres avaient pour l'administration d'Alfred.
La décadence des lettres dans les États saxons avait été rapidement accélérée par les invasions danoises. Les églises et les monas-