‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 131 sur 643 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

furent prises à l'abordage et leur équipage passé au fil de lépée. Les commandants des deux autres, effrayés du sort do leurs compagnons et de leurs propres perles , jetèrent bas les armes et demandèrent quartier à genoux. Une autre fois, la flotte saxonne surprit et captura treize voiles sur le Stour. [À. D. 885.] Tous les hommes qui étaient à bord furent massacrés ; mais le soir même les vainqueurs à leur tour furent arrêtés par une escadre danoiso et complètement défaits1. Dès que le roi fut au fait du mode d'attaque et de défense pratiqué par les nations du Nord, sa sagacité supérieure lui suggéra plusieurs améliorations. Il fit construire des vaisseaux de plus grande dimension que ceux des Danois : le pont en était plus haut et la longueur double. Ce surcroit d'élévation donna à ses marins un avantage sur leurs ennemis , qui étaient obligés de diriger leurs coups en haut; et le plus de volume de leurs bâtiments ajouta à leur stabilité sur l'eau, tandis que les vaisseaux danois s'agitaient au moindre mouvement. Afin que cette augmentation de poids ne diminuât point leur célérité, il augmenta le nombre des rameurs , et donna à tous ses bâtiments trente rames, et souvent plus, de chaque côté. Cette flotte fut si judicieusement répartie dans les différents ports, que les escadres des maraudeurs barbares éprouvèrent de la difficulté à approcher du rivage ou à le quitter impunément 2.

Des mesures de défense contre un ennemi étranger, le roi tourna son attention sur l'économie domestique du pays. Durant la longue période des dévastations danoises, l'édifice du gouvernement civil avait presque été détruit. Les cours de justice avaient été fermées : des outrages étaient reçus sans provocation et rendus sans miséricorde , et le Saxon comme le Danois était imbu d'un esprit d'insubordination et de mépris pour la paix, la justice et la religion. Afin de remédier à ces maux, Alfred rétablit, développa et améliora les salutaires institutions de de ses ancêtres, et des statuts d'Ethelbert, Iria, Offa et autres princes saxons il composa un code de lois adapté aux circonstances présentes et aux habitudes de ses sujets 5. Mais des dispositions législatives auraient été de peu d'utilité, si le roi n'en eût assuré l'exécution par une entreprise qui n'était pas d'une difficulté médiocre, mais que sa vigilance et sa persévérance parvinrent à accomplir. La jurisprudence saxonne avait élabli de nombreux degrés de judicature qui se divisaient en différentes ramifications, depuis la cour du roi jusqu'à chaque ha-

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