‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 14 sur 643 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

daient toute la vie leur aspect primitif. Le Breton était vain de ce hideux ornement, et, pour le montrer à ses ennemis, il avait toujours soin de se dépouiller de ses vètoments le jour de la bataille».

La religion des indigènes était celle des druides, soit qu'ils l'eussent apportée de la Gaule, ce qui est la supposition la plus naturelle ; soit, comme César le prétend, qu'elle eut pris naissance dans nie. Les druides adoraient, sous des noms différents, les mêmes dieux que les Grecs et les Romains. Ils considéraient Plu ton comme leur créateur : Apollon, Mars, Jupiter et Minerve avaient un culte à part ; mais Mercure, comme inventeur des arts utiles, était l'objet d'une vénération plus spéciale8. A ces dieux supérieurs ils ajoutaient, comme les autres polythéistes, une multitude de divinités locales qui présidaient aux bois, aux rivières et aux mon*» tagnes5. Quelques écrivains, emportés par l'imagination, ont pré^ tendu qu'ils repoussaient l'usage des temples, à cause de l'idée sublime qu'ils se formaient de l'immensité de Dieu. Peut-être l'absence de tels monuments serait-elle attribuée, avec plus de vraisemblance, à leur ignorance de l'architecture. Ils avaient pour le chêne un respect particulier : ce roi de la forêt, en raison de sa force et de sa durée, était considéré comme l'emblème le plus convenable de la divinité 4. L'arbre et ses produits étaient sacrés : on attachait à son tronc la victime destinée à être égorgée, et de ses branches étaient faites les guirlandes portées au moment du sacrifice. S'il y poussait du gui, toute la tribu était convoquée : deux blanches génisses étaient immolées sous ses branches ; le principal druide coupait la plante sacrée avec une serpette d'or, et une fête religieuse terminait les cérémonies du jour 5.

Les druides avaient coutume d'habiter, loin des profanes , dans des huttes ou cavernes, au milieu du silence et de l'obscurité de la forêt. Là, à midi et à minuit, heures auxquelles la divinité était supposée honorer de sa présence le lieu sacré, le dévot tremblant était introduit dans une enceinte entourée de grands chênes, pour

1. Solin. xxiî, 43. Herod. III, 47. Les Pietés Conservèrent cet usage jusqu'au cinquième siècle.

Perlegit exsangues Picto moriente figuras.

(Claud. De Bell. gel. v, 163.)

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