‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 15 sur 643 · Plin. xvi · texte numérisé non relu

Plin. xvi

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faire sa prière et écouter les réponses du ministre *. En temps de paix, ils offraient les fruits de la terre ; en temps de guerre, ils dédiaient au dieu des batailles les dépouilles de l'ennemi. Le bétail était tué en son honneur; et le reste du butin, mis en monceau, [lui était consacré comme un monument de sa puissante assistance1. Mais, aux heures de danger ou d'infortune, les sacrifices humains étaient regardés comme plus efficaces. Poussé par une superstition qui endurcissait son cœur contre tout sentiment d'humanité, le prêtre qui officiait plongeait son couteau dans le sein de sa victime, soit un captif, soit un malfaiteur; et, d'après la rapidité avec laquelle le sang sortait de la blessure et les convulsions de l'agonisant, il prédisait le bonheur ou le malheur de son pays 5.

A la vénération que les druides bretons devaient à leur caractère sacerdotal, il faut ajouter le respect que la réputation de savoir ne manque jamais d'arracher à l'ignorant. Ils se prétendaient dépositaires d'une science mystérieuse bien au-dessus de l'intelligence du vulgaire, et leurs écoles n'étaient ouvertes qu'aux fils des familles illustres. Telle était leur renommée, que les druides de la Gaule, pour atteindre la perfection de l'institut, ne dédaignaient pas d'étudier sous leurs frères de Bretagne4. Chez eux, comme dans les ordres semblables des prêtres de l'antiquité, on exigeait un long cours de discipline préparatoire, et on dit que beaucoup avaient la patience de consacrer jusqu'à vingt années à ce noviciat. On enjoignait à l'initié le plus inviolable secret; et, afin que les profanes ne pussent arriver à la connaissance de la doctrine, l'usage de l'écriture était prohibé, et chaque précepte était donné en vers par le maître et gravé par le disciple dans sa mémoire 5.

On ne doit pas s'attendre à avoir une idée bien nette de dogmes cachés si soigneusement. Les détails suivants sont un résumé du petit nombre de remarques contenues dans les histoires anciennes, et comparées avec les doctrines particulières aux bardes. Les druides prétendaient connaître la nature, le pouvoir et les desseins de la divinité ; la figure, la grandeur, la formation et la destruction finale de la terre ; les astres, leur position, leurs mouvements et

1. Mêla, lit, 243. Luc. I, v. 463; m, v. 3d9, 423. Tacit. Ann. xîv, 20. Je n'ai pas cité les cercles de pierres brutes dont il existe des restes à Stonchenge , Abury, etc , parce que je ne vois pas que ces sortes de pierres aient jamais été indiquées par d'anciens auteurs comme appartenant aux lieux sacrés chez les Celtes.

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