‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 159 sur 643 · CHAPITRE QUATRIÈME. 1A · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. 1A

d'extraction royale, fils aîné d'Ethelred et petit-fils d'Alfred Il avait refusé de l'avancement dans l'église, mais il accepta et garda l'office de chancelier ou secrétaire du roi sous ses cousins Athelstan , Edmond et Edred. Ses vertus et ses talents furent honorés de l'approbation du prince et des applaudissements du peuple. Il tenait la première place dans les conseils du roi ; les charges les plus considérables , tant civiles qu'ecclésiastiques , se conféraient sur son avis; et le souverain l'emmenait dans toutes ses expéditions militaires. Il a élé déjà question du rôle important qu'il joua à la bataille de Brunanburgh *. Lorsqu'il fut envoyé par Edred à l'archevêque Wolstan, le hasard voulut que sa route le conduisit près des ruines de Croyland , qui donnaient encore un misérable asile à trois moines échappés aux dévastations danoises. Turketul fut touché de la piété et de la résignation de ces vieux anachorètes , et éprouva un désir secret d'entrer dans leur société et de rendre à leur monastère son ancienne splendeur. A son retour, il sollicita et, après plusieurs refus, obtint la permission de son souverain. Le crieur public annonça aux citoyens de Londres que le chancelier, avant d'abandonner sa charge, avait à cœur d'acquitter toutes ses dettes et de faire une triple réparation à tous ceux à qui il aurait porté préjudice. Lorsqu'il eut satisfait à toutes les demandes, il donna au roi cinquante-quatre des manoirs qu'il avait hérités de son père, et en garda six pour l'usage de son monastère. Il prononça ses vœux monastiques à Croyland, reçut l'investiture d'Edred , fut béni par l'évèque de Dorchester, et le lendemain, de l'avis de ses gens de loi, il résigna l'abbaye et les dépendances dans les mains du souverain. Toutes les terres qui appartenaient jadis à ce monastère avaient, durant les guerres danoises , été prises par Burhred , roi de Mercie , qui en avait annexé une partie à la couronne et partagé le reste entre ses thanes. Les premières furent rendues avec empressement par la piété d'Edred; plusieurs manoirs des dernières furent achetés par Turketul aux possesseurs actuels. A l'assemblée suivante du witan , le roi lui fit une nouvelle concession du tout dans la forme la plus étendue, mais à l'exception du privilège d'asile qu'il refusa comme une violation de Injustice et un encouragement au crime. A dater de cette époque , il passa vingt-sept ans à remplir ses devoirs d'abbé. Le zèle du précepteur fut récompensé par les pro-

l. Ingulf remarque (p. 37) que, bien qu'il conduisît les troupes au combat, il refusait de se servir d'armes , parce que les canons défendaient aux ecclésiastiques l'effusion du sang. C'était néanmoins une maxime du temps, que les guerres entreprises pour la défense du paya contre les invasions païennes faisaient exception. Ibid.

grès de sos disciples, et à sa mort, en 975, los moinos do Ooyland formaient une moinbreuse cl édifiante communauté '.

L'abbé do (îlastonbury, l'antre favori d'Edred, occupe une place disproportionnée dans la plupart de nos histoires modernes. Proche parent d'Athelm, archevêque de Canterbury, et d'Elphége, évoque de Winchester, il avait été introduit par eux à la cour d'Athelstan comme aspirant à la faveur royale. Mais la jalousie de ses rivaux et los rélle.vions que lui suggéra une dangereuse maladie détournèrent los pensées du jeune thane des soins du monde vers l'état monastique; et ayant reçu l'ordre de la prêtrise, il desservit pendant plusieurs années l'église de Glastonbury. Dans ce poste, son zèle, son désintéressement et ses charités attirèrent sur lui l'attention du public. Turketul le recommanda à la faveur d'Edmond, et ce prince lui donna Glastonbury ot ses domaines. Edred n'eut pas pour lui moins de considération que n'en avait eu son prédécesseur. Le nouveau roi le prit pour directeur de sa conscience, lui remit en dépôt ses trésors et les titres de ses terres, et le pressa vivement d'accepter Tévéché de Winchester qui était vacant. Il refusa cette promotion, et, tandis qu'il était plus obscurément occupé du gouvernement de son monastère, il perdit inopinément son ami et bienfaiteur. Le roi, dont la constitution avait été affaiblie par de fréquents retours de sa maladie [A. D. 955], expira dans la dixième année de son règne, et fut inhumé à Winchester8.

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