‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 158 sur 643 · CHAPITRE QUATRIÈME. Ifit · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. Ifit

à Edmond pour repousser les tentatives des rois de la mer1.

Le rè^ne d'Edmond ne dura que six ans. 11 célébrait à Pucklokirk, dans le Glocestcrshire , la féle de saint Augustin , l'apôtre des Saxons, lorsqu'il aperçut Leof, un fameux proscrit, qui entrait dans la salle. Cet homme avait été banni pour ses crimes quelques années auparavant , et il eut l'audace de s'asseoir au banquet royal et de faire résistance quand réchanson lui ordonna de sortir. La colère poussa vers lui Edmond , qui reçut une blessure à la poitrine, xl'un poignard que Leof avait caché sous ses habits. Le roi expira sur-le-champ; l'assassin fut mis en pièces par les serviteurs du roi *.

Edmond avait épousé El fgive, princesse d'une vertu exemplaire, dont le charitable empressement à soulager les pauvres et à racheter la liberté des esclaves a été hautement loué par nos anciens écrivains. Elle lui donna deux fils, Edwy et Edgar, dont l'aîné ne pouvait avoir alors plus de neuf ans. Leur enfance les rendait incapables de prendre les rênes du gouvernement. Dans une assemblée de prélats, de thanes et de princes (vassaux) du pays de Galles, leur oncle Edred , le seul fds encore vivant d'Edouard, fut élu roi; et, pour employer le langage emphatique d'une charte donnée à cette occasion, fut « consacré, à Kingston, au gouvernement quadripartite des Anglo-Saxons , Northumbres , païens et Bretons5. »

EDRED.

[A. D. 946.] Le règne d'Edred se signala principalement par la soumission définitive de la Northumbrie. Immédiatement après son couronnement, il marcha contre ce pays, et reçut d'abord des indigènes, ensuite des Écossais , les serments ordinaires de fidélité *. Mais l'obéissance des Northumbres ne dura que tant que sa présence les intimida : il ne fut pas plutôt parti qu'ils expulsèrent ses officiers et bravèrent son autorité. Eric , qui avait été chassé de Norwégc par son frère llaco, et qui depuis des années errait

1. « Vt sibi terra et mari fidelis esset. » Lel. Col. n, 399. Sim. 150. Hunt. 203. , Flor. 604. Son midwyrhta , ou nllit'1 en guerre, Chron. snr. 115. u Vt aquilonares

Anglia; partes terra marique ab hostium adventantium incursionc tueretur. » West. 188. Tordun > iv, 24 1 prétond que , d'après la convention faite entre les deux rois, l'héritier de la couronne d'Ecosse devait toujours tenir le Cumberland de la couronne d'Angleterre. Le lieu où Dunm;iil fut défait est encore marqué par un amas de pierres , à environ neuf milles de Keswick , sur la route d'Ambleside. West. 82.

2. Malm. 30. West. 188. Dans la plupart des chartes, il s'intitule rex Anglorum.

3. Smith's Bed. A pp. 772. F.lfgive mourut avant ton mari. Ethelw. 482.

4. Flor. < 01. West. 1H0. u Les Ecossais lui firent le serment de vouloir tout ce qu'il voudrait. » — Chron. sas. 115. u Oui Northymbri subjiciuntur cuncti , nec non Scoti jusjuranda confirmant, immutabilemque Adem. " Ethelw . 482.

on pirate sur l'océan, débarqua sur leur cote et fut aussitôt salué roi. Cette nouvelle excita l'indignation d'Edred. Son premier soin fut de s'assurer de l importante cité d'York; et, dans cette vue , il expédia son chancelier Turketul à l'archevêque Wolstan , pour ratfermir la foi chancelante de ce prélat, dont l'inlluence sur ses compatriotes était sans bornes. Peu après, le roi entra en Korthumbrie à la tète des hommes de Wessex et de Mercie, et punit sévèrement la perfidie des rebelles en ravageant leurs terres. Mais comme il ramenait ses troupes chargées de pillage et ne soupçonnant aucun danger, les portes d'York s'ouvrirent pendant la nuit ; une troupe choisie d'aventuriers suivit silencieusement sa marche, et une division de son armée fut surprise et détruite. Pour venger cette insulte, il reprit son œuvre de dévastation; mais son courroux fut apaisé par des présents, des prières et des soumissions , et il revint en triomphe à Londres avec une longue suite de captifs. Eric se serait peut-être maintenu dans le pays, s'il n'avait eu à lutter contre un nouveau compétiteur, Anlaff, un des princes qui, sous le dernier règne, avaient échappé au glaive d'Edmond. Les deux rivaux mirent leurs troupes en présence : Anlaff fut victorieux, et le Norwégien périt avec son fils et son frère, dans les déserts de Stanemoor , par la trahison d'Osulf et sous Tépée de Macco, fils d' Anlaff «.

Ce fut le dernier effort de l' indépendance northumbre. Edred revint avec une armée nombreuse et traversa le pays sans opposition. [A. D. 952.] De grands et fertiles cantons furent désolés ; l'archevêque, dont la conduite était depuis long-temps équivoque, fut enfermé pour un an dans le château de YVhitby ; les principaux seigneurs furent enlevés à leurs vassaux et emmenés parle roi en captivité; toute la province fut divisée, comme le reste de l'Angleterre, en shires (comtés), ridings (districts) et wapentakes (cantons), et le gouvernement fut confié à un certain nombre d'officiers nommés par Edred, sous la surintendance d'Osulf, qui prit le titre iYearl ou comte de Northumberland*.

Edred était affligé d'une longue et douloureuse maladie 3 ; et ce qui se fit de bien sous son règne doit être attribué en grande partie aux conseils de ses ministres favoris, le chancelier Turketul et Dunstan, abbé de Glastonbury. Turketul était un ecclésiastique

1 Tng. 30, 41. West. 189. Mail. 148.

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