CHAPITRE CINQUIÈME 1CD
Athelsinct Ailwin continuèrent long-temps d'être les conseillers favoris d'Edgar «.
Une des premières mesures du nouveau roi, ou plutôt de ses ministres (car il n'avait encore que quatorze ans) fut de rappeler de l'exil l'abbé de Glastonburv. Dunstan ne put recouvrer ses biens, qui étaient situés dans les États d'Edwy ; mais il lui fut donné une position honorable à la cour auprès de la personne d'Edgar. Quand le witan s'assembla, il ouvrit la session par un discours qui excita l'admiration des auditeurs; il reçut, à leur requête unanime , la consécration épiscopale ; et à la mort de l'évèque de Worcester, il fut choisi pour succédera ce prélat. L'année suivante, le siège de Londres devint vacant, et il accepta, quoique avec répugnance, l'administration de ce diocèse2.
Les thanes du Wessex, à la mort d'Edwy, offrirent le trône à Edgar; et les deux royaumes furent de nouveau réunis sous un môme monarque. Les actes oppressifs du dernier gouvernement furent solennellement annulés. Edgive, veuve d'Edouard, recouvra son patrimoine ; Dunstan fut remis en possession de Glastonbury et d'Abingdon, et ample réparation fut faite aux thanes qui avaient souffert de l'emportement ou du ressentiment d'Edwy ». Un des derniers actes de ce prince avait été de nommer l'évèque de Sherborne Byrhtelm au siège métropolitain de Canterbury. Peut-être les ministres d'Edgar ne se souciaient-ils pas de voir un favori de son frère à la tète de l'église d'Angleterre; toujours est-il que, dans l'assemblée du witan, son manque de vigueur fut allégué comme une preuve d'incapacité, et que Byrthelm retourna honteusement à l'église qu'il avait quittée. Dunstan, qui fut choisi à sa place, partit pour Rome, et reçut le pallium de Jean XII. Il résigna l'évèché de Londres à yElfstan , et celui de Worcester à Oswald, neveu d'Odon\
Edgar a reçu de la postérité le surnom de Pacifique. Durant les seize années de son rè£ne, jamais il ne fut obligé de tirer l'épée contre un ennemi étranger ou domestique. Cette circonstance pa-
1 . ffist. liâmes. 387, 393. Il est singulier que les historiens modernes attribuent lu révolte des provinces du nord et l'élévation d'Edgar aux intrigues des moines et de l'archevêque Odon , non-seulement sans une seule autorité en faveur de l'accusation , mais en opposition directe avec ce fait , que l'archevêque et les moines qui avaient souffert du despotisme d'Edwy, lui restèrent fidèles. Tous les anciens écrivains bornent l'insurrection aux Merciens , aux Est-Angles et aux Korthumbres , chez lesquels il n'existait alors aucun monastère.