Hant. 209. West
2. Il fut si prodigue dans ses dons , que , suivant un chroniqueur étranger, tous ceux qui demeuraient sur la route où il passa eurent lieu de s'écrier : « UenedicUo Domini super regem Anglorum Cnutonem. » Chron. JVii. GodeL, apnd Bouquet, Xt 262.
pouvoir de lier et de délier, avec les clefs du royaume des cieux. En conséquence, j'ai cru qu'il était très-utile de solliciter sa protection auprès de Dieu.
» Sachez, en outre, qu'il y avait à la fête de Pâques une grande réunion de nobles personnages avec le seigneur pape Jean et l'empereur Conrad , nommément tous les chefs des nations depuis le mont Gargane jusqu'à la mer la plus voisine, qui me reçurent tous honorablement et me firent des présents considérables; mais particulièrement l'empereur, qui me donna maint vase d'or et d'argent, avec de riches manteaux et vêtements. Je saisis donc cette occasion de conférer avec le pape , l'empereur et les princes , sur les griefs de mes sujets, tant anglais que danois, afin qu'ils pussent jouir de lois plus équitables et d'une sauvegarde plus sûre sur leur route vers Rome, et ne fussent pas retenus à tant de barrières ni accablés d'injustes exactions. Mes demandes furent accueillies par l'empereur et par le roi Rodolphe , à qui la plus grande partie des barrières appartiennent; et il fut arrêté par tous les princes que mes hommes, pèlerins ou trafiquants, iraient dorénavant à Rome et en reviendraient en pleine sécurité, sans être retenus aux barrières ni payer des droits illicites.
» Je me plaignis ensuite au pape et lui exprimai mon déplaisir de ce que des sommes si immenses étaient exigées de mes archevêques , lorsque , conformément à l'usage , ils visitaient le siège apostolique pour obtenir le pallium. On rendit un décret pour faire cesser cet abus. Tout ce que je demandai dans l'intérêt de mon peuple, soit au pape, soit à l'empereur, soit aux princes dont la route de Rome traverse les États, me fut accordé volontiers et confirmé par serment en présence de quatre archevêques , vingt évèqucs et d'une multitude de ducs et de nobles. C'est pourquoi je rends sincèrement grâces à Dieu de ce que j'ai heureusement accompli tout ce que j'avais projeté , et de ce que tous mes vœux sont pleinement satisfaits.
» Maintenant donc sachez tous que j'ai consacré ma vie au service de Dieu , afin de gouverner mes royaumes avec équité et d'observer la justice en toutes choses. Si autrefois la violence ou la négligence de la jeunesse m'a fait violer la justice , c'est mon intention, avec l'aide de Dieu, de réparer humblement ma faute. Je demande donc et ordonne à ceux que j'ai associés au gouvernement, s'ils veulent conserver mon amitié ou sauver leurs âmes , de ne faire d'injustice ni aux riches ni aux pauvres. Que toute personne , noble ou non , jouisse de ses droits conformément à la loi, dont il ne sera permis de s'écarter ni par crainte de moi ni en