‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 212 sur 643 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

autres seigneurs, alarmés de son influence croissante, s'étaient ligués pour s'opposer à ses desseins et miner son pouvoir. Car, outre les honneurs dont ils jouissaient déjà, ses fils avaient obtenu une place distinguée dans l'affection d'Edouard *, et sa fille avait été couronnée reine d'Angleterre. Nos anciens chroniqueurs, tout hostiles qu'ils sont à sa famille, n'ont pas été sans rendre justice au mérite d'Edith. C'était, dans leur langage, la rose qui fleurit au milieu des épines. Ses mœurs et sa conduite ne laissaient voir aucune trace de la barbarie qui caractérisait son père et ses frères. Les agréments de sa personne étaient rehaussés par les qualités de son esprit; et, au mérite de la douceur, de la piété et de la générosité, elle en joignait un fort rare chez les dames de cette époque, des connaissances littéraires assez approfondies*. Quand Edouard fut pressé par son conseil de se marier , il révéla à Edith qu'il avait fait vœu de continence ; mais il lui offrit, à la condition de garder ce vœu, de la placer à son côté sur le trône. [A. D. 1044.] Leurs noces furent célébrées en 4044 5.

Le premier échec que reçut la puissance des Godwin lui vint des passions indomptables de Sweyn, l'aîné des cinq frères. 11 avait violé Edgivc, abbesse de Leomiuster ; et Edouard, dans sa pieuse indignation, l'avait condamné au bannissement. Le proscrit embrassa la profession de roi de la mer, et chercha, par ses pirateries, à acquérir des richesses et de la puissance. Las enfin d'errer sur l'océan, il revint en Angleterre, envoya sa soumission au roi , et obtint une promesse de pardon. Mais l'exécution de cette promesse fut contrecarrée par deux adversaires inattendus, son frère Harold et Beorn son cousin, qui probablement étaient ceux qui avaient le plus gagné à sa proscription. Le désappointement le poussa à la vengeance, et pour l'atteindre il prit le masque de l'amitié. A la requête do l'empereur Henri , Edouard avait rassemblé une flotte nombreuse dans le but de s'opposer à Baudoin, comte de Flandre. Cet armement était divisé en deux escadres , dont l'une était à Sandwich sous le commandement immédiat du roi , l'autre à Pevensey sous celui du comte Godwin. Sweyn, cachant son dessein réel, alla voir son père à Pevensey, où il se réconcilia en apparence avec Beorn, et décida ce thane à renoncer à toute opposition. De là les deux cousins partirent ensemble pour Sandwich

1. Ils étaient «thses cynges dyrtingas. » Chron. Lamb. ad ann. 1002.

2. Ingulf,62. Cet écrivain nous dit que lorsqu'il était enfant Edith l'arrêtait souvent au retour de l'école, lui faisait répéter sa leçon, lui adressait dos questions sur la grammaire et la logique, et, comme récompense, lui donnait quelques pièces d'argent et l'envoyait à l'office. Ibid.

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