‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 232 sur 643 · Pict. 106, 107. Mulm · texte numérisé non relu

Pict. 106, 107. Mulm

3. Pict. 109. Cm met. p C65. ilalm. inr56. Le vaisseau du duc était un présent de sa femme Matiiilde. Sut la proue était une image d'or, représentant un eniant qui, do sa main droite, montrait l'Angleterre, et, de la gauche, tenait sur sa bouche une trompette d ivoirfe. Lyl. Uist. vol. I , tiré d'un ancien Ms. p. 403, et aussi à la fin du Gavel-Kind de Taylor.

236 IMSTOIRi: D'ANGLKTKRRK.

prison. Le Normand saisit avidement celte occasion de mettre à la voile; mais le vent par degrés devint plus violent; l'habileté des marins ne put lutter contre les désordres des éléments et les craintes des soldats ; et quoique une grande partie de la flotte eût atteint Saint- Valéry, près de Dieppe, toute la côte fut couverte des débris du naufrage et des corps des noyés «. C'était un rude échec pour l'impatience de Guillaume. Il tâcha d'intéresser le ciel en sa faveur : on porta en procession la châsse de saint Valéry , et l'armée entière fit des prières publiques pour obtenir un vent favorable. Enfin ses vœux furent exaucés, et le duc ouvrit la marche avec une lanterne suspendue à la tôle du mût pour guider son escadre dans les ténèbres de la nuit. Mais la vitesse des vaisseaux était tellement inégale que le sien avait déjà atteint le rivage anglais, que les autres étaient encore éparpillés de différents côtés sur une ligne de vingt lieues d'une côte à l'autre. Dans cette siluatuation ils auraient offert une victoire aisée à la flotte de Harold ; malheureusement elle s'était dispersée pour se procurer des provisions , et les différentes escadres avaient été retenues au port par le gros temps *. Les Normands débarquèrent sans opposition à Pevensey (29 septembre), marchèrent immédiatement sur Hastings, et dans ces deux endroits érigèrent des fortifications pour protéger leurs transports et s'assurer une retraite en cas de malheur5. Et la précaution ne fut pas inutile. Peu de jours après, les deux ports étaient bloqués par toute la marine de l'Angleterre *.

La conduite de Harold en celte occurrence a été sévèrement critiquée. On prétend qu'enivré de ses succès précédents, il se croyait invincible; que. par son âpreté à s'approprier les dépouilles des Norvégiens, il avait privé le pays du service de ses vétérans, et que par son imprudence il risqua légèrement l'indépendance de l'Angleterre sur les efforts d'une poignée d'hommes rassemblés à la hâte et sans pratique des armes. Peut-être ces accusations n'ontelles d'autres fondements que les préventions des écrivains , qui cherchèrent à consoler leur orgueil et celui de leurs lecteurs en imputant l'asservissement de leur pays à l'incapacité de son chef,

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