‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 239 sur 643 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

ANGLO-SAXONS

Constitution politique des Anglo-Saxons. — Coutumes féodales, — rangs de ia société. — Cours de justice. — Crimes. — Esclaves.

Tout exposé de la constitution civile des Anglo- Saxons doit nécessairement être incomplet. Nous ne pouvons examiner ce sujet qua travers l'obscurité de huit siècles ; et la faible lumière fournie par des notes imparfaites, des allusions éparses et des descriptions partielles peut servir à irriter la curiosité, mais non pas à la satisfaire. 11 serait inutile de chercher des renseignements dans les ouvrages des écrivains étrangers ; et les écrivains nationaux n'ont jamais pensé qu'il put être nécessaire de décrire des institutions avec lesquelles ils étaient familiarisés depuis leur enfance, et que naturellement ils croyaient devoir se perpétuer avec leur postérité.

On peut se former une idée exacte de l'esprit guerrier et déprédateur des Saxons d'après celui des aventuriers danois des neuvième et dixième siècles. Ces deux peuples étaient des rejetons de

1. Le baron Masercs a évalué la pesanteur moyenne du corps humain à un peu moins de 11,000 guinées. Pict 138, note.

2. Pict. (1351 et Orderic |185| disent qu'il fut enterré sur le rivage ; la plupart de nos historiens (Malrn. 59, West. 224, Paris. 3], que le corps fut donné à sa mère, et qu'elle le fit inhumer à Waltham. L'auteur du Manuscrit de Waltham y Bibliothèque Cottonienne (Jul. D. 61, lequel écrivit environ un siècle après, raconte \tne histoire plus romanesque. S'il faut l'en croire, deux des chanoines. Osgod Cnoppc et Ailric, le maître du childe, furent envoyés pour être spectateurs du combat. Ils obtinrent de Guillaume, à qui ils offrirent dix marcs d'or, la permission de chercher le corps de leur bienfaiteur. Ne pouvant le distinguer parmi les monceaux de morts, ils firent venir la maîtresse de Harnld, Edith, surnommée la Belle et le Cou -de-Cygne. Elle reconnut ses traits. Le. corps fut enterré à Waltham avec les honneurs royaux, en présence de plusieurs comtes et gentilshommes normands.— M. Turner a le premier appelé l'attention de ses lecteurs sur cette Hisi. jVcf. d'Angleterre, i, 00.

la môme souche gothique ; mais les derniers conservèrent plus longtemps les propriétés natives de la tige originaire. Hcngist, Cerdic, % et les chefs leurs compagnons, étaient les rois de la mer de leur siècle, animés du même esprit et poursuivantle même but que les barbares dont la férocité céda à la persévérance d'Alfred, mais triompha de la pusillanimité d'Ethelred. Le lecteur n'a qu'à transporter aux Saxons le système de guerre des Danois, leurs agressions multipliées, leur soif inextinguible de pillage et leurs cruautés sans motifs ni mesure, et il se formera un tableau correct de l'état de la Bretagne depuis la première défection de llengist jusqu'à rétablissement définitif de roctarchie. Les aventuriers ne pensèrent à coloniser les pays conquis que lorsqu'ils furent las de dévaster; et alors ils introduisirent les institutions auxquelles ils avaient été habitués dans l'origine.

La plus importante de toutes, et celle qui formait la base des autres, se trouve chez les Germains du temps de Tacite. Il nous apprend que chaque chef était entouré d'un nombre de partisans qui lui faisaient honneur en temps de paix, et l'accompagnaient au combat en temps de guerre. Ils regardaient comme un devoir indispensable de combattre à son coté, et comme une tache indélébile de lui survivre K Cette parenté artificielle, ce principe qui liait récipro-: quement le seigneur à son vassal et le vassal à son seigneur, mainr tenaient ensemble les hordes du Nord quand elles partaient en quête d'aventures. Elles gardèrent cette organisation dans leur nouvelle patrie, et les conséquences s'en développèrent par degrés à mesure que chaque tribu augmenta en pouvoir et en civilisation. De là sortit le système féodal avec sa longue série d'obligations, d'hommage, de cour, de service, de provisions, de reliefs, de tutelles et ùescutaye*. Des écrivains respectables sont d'avis qu'il fut introduit en Angleterre par le conquérant normand ; et l'assertion peut être vraie s'ils ne parlent que du système parvenu à maturité et à sa forme la plus oppressive. Mais tous les germes primitifs des services féodaux se retrouvent chez les Saxons, même dans les premiers temps de leur gouvernement, et beaucoup fleurirent pleinement bien avant l'extinction de la dynastie. Comme le sujet est intéressant, on me permettra de le traiter plus en détail.

Que cette parenté artificielle entre le seigneur et son homme ou vassal fût parfaitement comprise , et que les devoirs en fussent fidèlement remplis par les Anglo-Saxons , on en a des preuves

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