CHAPITRE SEPTIÈME. 2'i
Il y a lieu de croire que les rois saxons comme les rois normands (et leur exemple était probablement suivi par les seigneurs inférieurs) réclamaient parfois la tutelle des héritières, et disposaient d'elles par mariage4. Les lois, quoique les termes n'en soient pas suffisamment explicites, semblent faire allusion à cette coutume. Elles veulent qu'aucune fdle ou veuve ne soit forcée de se marier contre son gré; et, ce qui est très-contradictoire, elles défendent que la femme soit vendue en mariage , tandis qu'elles permettent d'accepter un présent de son mari *. Cette coutume prévalait aussi dans les bourgs royaux. A Shrewsbury, aucune femme ne pouvait se marier sans une permission du roi. Pour un premier mari, elle payait une amende de dix shillings ; si elle en prenait un second, la somme était doublée s.
Des tenures de terres nous devons passer aux distinctions de rang et à l'administration de la justice. A cela près de quelques nuances accidentelles, ces deux objets étaient les mêmes, en substance, chez toutes les nations d'origine gothique. Parmi les Anglo- Saxons, la population libre était divisée en eorl et ceorl , homme d'extraction noble ou roturière 4 : les premiers étaient nommés éthelborn (nés de nobles) ; et chez un peuple qui ne reconnaissait d'autre mérite que la prouesse guerrière, il est probable que cette distinction n'était attachée qu'à ceux dont les pères ne s'étaient jamais occupés d'agriculture ou d'arts mécaniques. Elle était purement personnelle ; elle ne conférait ni propriété ni pouvoir, mais elle servait à satisfaire la vanité ; et de nombreuses plaintes attestent l'arrogance avec laquelle les nobles saxons regardaient leurs inférieurs , et la répugnance avec laquelle les « full-born% ou bien nés » supportaient la supériorité des « less-born , ou moins bien nés, que le mérite ou la faveur avait élevés au-dessus d'eux 5. La
parce qu'il n'en est pas question dans les lois de ses prédécesseurs. Mais il paraît simplement rapporter un ancien usage. Ils sont cités comme tels sous Edgar \Hist. Elien. 480i, et Elfhelm, dont le hériot a déjà été mentionné, vivait long-temps avant Ethelred , « longo retracto tempore » (ibid. 498). Edgar lui-même les présente comme une ancienne institution dans la charte où il libère les monastères do cette obligation, u Solitus census, quem indigence heriotua usnaliter vocitant, qui pro htijus patriae potentibus post obitum regibus dari solct. •» Scldcni, Spirileg. ad Kadm. p. 153.