CHAPITRE SEPTIÈME
La principale portion dos amendes qu'on faisait payer aux délinquants était versée dans son trésor, il pouvait commuer la peine de mort, et était dans l'usage de délivrer un prisonnier dans chaque bourg ou juridiction où il entrait. L'ealdorman, les sheriiTs, les baillis des bourgs et les juges étaient nommés par lui : ils tenaient leurs offices sous son bon plaisir, exposés à être destitués au gré de son caprice ou de sa justice 4. Sa « paix » ou protection garantissait l'homme à qui elle était accordée des ennemis qui le poursuivaient. A son couronnement et pendant huit jours après , elle s'étendait à tout le royaume : chaque année elle était également en vigueur durant les octaves des trois grandes fêtes pendant lesquelles il avait coutume de tenir sa cour ; et en tout temps elle était acquise à toute personne qui se trouvait dans un rayon de quatre milles de sa résidence actuelle, aux voyageurs sur les quatre grandes routes , et aux trafiquants ou à leurs serviteurs tant qu'ils étaient occupés sur les rivières navigables. Certaines infractions à cette paix soumettaient le délinquant à une forte amende , d'autres, d'une nature plus odieuse, mettaient sa vie et ses biens à la merci du roi *.
Les épouses du cyning étaient originairement connues sous h nom de « queens, » reines , et partageaient en commun avec leur mari la splendeur de la royauté. Mais elles furent privées de cette distinction par le crime d'Eadburge , fille d'Offa, qui avait empoisonné son mari Brihtric, roi de Wessex. Dans un accès d'indignation, le witan punit les innocentes épouses de ses futurs monarques en abolissant, avec le titre de reine, tous les apanages de la royauté des femmes. Ethelwulf, dans sa vieillesse, se hasarda à braver les préjugés de ses sujets. Sa jeune épouse, Judith, fut couronnée en France et eut la permission de s'asseoir à son côté