‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 259 sur 643 · CHAPITRE SEPTIÈME. 9M · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. 9M

homme libre devait être enrôlé dans une de ces associations, dont tous les membres étaient perpétuellement responsables les uns des autres. Si un d'entre eux se dérobait à la justice , on accordait aux neuf restants un délai d'un mois pour découvrir le fugitif; et alors , s'il ne se présentait pas , l'amende qu'il devait pour son crime était levée sur ses biens, et, on cas d'insolvabilité, sur ceux du tything, à moins qu'on ne pût prouver que les membres du tything n'avaient pas été complices de son évasion *.

De ces cours locales, le hall-mote, le hundred-mote et le shiremote, on pouvait appeler à l'autorité supérieure du monarque. Alfred avait coutume d'examiner les minutes de leurs procédures, de confirmer ou d'annuler leurs décisions, et parfois de punir les juges de leur partialité ou de leur ignorance. Par son office, le roi était le magistrat suprême de l'État; mais il avait d'autres devoirs à remplir, et il était défendu de lui présenter aucune cause avant qu'elle eût été soumise à la décision des juges inférieurs. Cette défense , néanmoins, était souvent méconnue , et peu de princes refusaient d'exercer leurs fonctions judiciaires toutes les fois qu'ils étaient sollicités par un favori ou tentés par un présent. Partout où le roi se trouvait , un tribunal pouvait promptement s'assembler. Aux (lianes et aux ecclésiastiques qui entouraient sa personne , il adjoignait les prélats et la noblesse du voisinage, et, avec leur assistance, il conciliait les parties ou prononçait un jugement définitif. Mais ces tribunaux accidentels, tout respectables qu'ils pouvaient être, étaient éclipsés par l'éclat et la dignité des « micklesynoths ou witena-gemots , » grandes réunions ou assemblées des conseillers , que l'on convoquait régulièrement aux fêtes de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, et parfois à d'autres époques , selon que des circonstances difficiles ou de soudaines exigences pouvaient le demander. La question de savoir quels étaient les membres constituants de ce tribunal suprême a été longuement débattue, et les dissertations auxquelles elle a donné lieu n'ont servi qu'à l'envelopper d'une plus grande obscurité. On a prétendu que non-seulement les tenanciers militaires y avaient droit de présence, mais que les ceorls aussi y assistaient par leurs représentants, les borsholders (chefs) des tythings. La dernière partie de cette assertion a été avancée sans une ombre de preuve, et la première s'appuie sur une donnée très-fausse. Sans doute il est probable que, dans l'enfance des États anglo-saxons, la plupart des tenanciers militaires ont pu assister aux conseils publics; cependant, même alors, les chefs seuls délibéraient, et les vassaux

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