‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 264 sur 643 · Les serments sont dans Wilkins. Leg. *az. C3, C · texte numérisé non relu

Les serments sont dans Wilkins. Leg. *az. C3, C

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créatures, qu'il avait déjà pu prévenir en sa faveur. Dans le YVessex, il pouvait choisir trente jureurs, dont quinze était rejetés par les juges; dans l'Est-Anglie et la Northumbrie , il en produisait quarante-huit, sur lesquels vingt-quatre étaient nommés par ballottage Si leur serment corroborait le sien dans la forme établie par la loi, son innocence était reconnue.

SiT au contraire, on avait recours à l'ordalie, on donnait des cautions pour l'épreuve , et l'époque en était fixée par la cour. Comme la décision était alors remise au Tout-Puissant, l'accusé passait trois jours en jeunes et prières. Le troisième, il était adjuré par le prêtre de ne point aller à l'ordalie s'il se sentait coupable; puis il recevait la communion avec ces paroles : « Puissent ce corps et ce sang de Jésus-Christ être pour toi une preuve d'innocence en ce jour ! » Après quoi il jurait de nouveau qu'il était innocent du crime dont on l avait accusé. Les ordalies qui étaient le plus en usage étaient celles de l'eau bouillante et du feu. Pour la première, on allumait du feu sous une chaudière dans une partie écartée de l'église. Sous la surface de l'eau, à une certaine profondeur, que l'on augmentait en l'absence d'un témoignage favorable du seigneur, on plaçait une pierre ou un morceau de fer d'un certain poids. Les étrangers étaient renvoyés : l'accusateur et l'accusé, accompagnés chacun de douze amis, s'avançaient vers l'endroit, et les deux parties étaient rangées sur deux lignes en face l'une de l'autre. Après qu'on avait récité les litanies, une personne était déléguée de chaque ligne pour examiner la chaudière; et si elles reconnaissaient que l'eau était bouillante et la pierre placée à la profondeur convenable, l'accusé s'avançait, y plongeait son bras, et en retirait le poids. Aussitôt le prêtre enveloppait d'un linge blanc la partie échaudée, y apposait le sceau de l'église, et défaisait l'appareil le troisième jour. Si le bras était parfaitement guéri, l'accusé était déclaré innocent; dans le cas contraire, il subissait la peine de son délit. Dans l'ordalie par le feu , on employait les mêmes précautions relativement au nombre et à la position des assistants. On mesurait près du feu un espace égal à neuf fois le pied du prisonnier, et on le divisait par lignes de trois parties égales. Dans la première s'élevait un petit pilier do pierre. Au commencement do la messe, une barre de fer du poids d'une à trois livres était posée sur le feu ; et à la dernière collecte on l'enlevait

1. Jjpg. srtx. 8, 12, 27, 47, 125, 262, 2f4. A Winchclsca. cette institution se maintint dans la cour du hundred jusqu'au règne de Henri VI. Dans le grand livre du bourg i Lciger-Rook oflhe borough) , les j urcurs 'compurgntors) sont appelés, comme nos jurés actuels, le pays par lequel le prisonnier est jugé. Voyez l'extrait dan* \'Eng. CommontveaUk de sir F. Palgravc, il, cxvn.

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et on la plaçait sur le pilier. Le prisonnier la prenait aussitôt dans sa main , faisait trois pas sur les lignes tracées d'avance sur le pavé, et la jetait par terre. Le traitement de la brûlure et les indices de culpabilité et d'innocence étaient les mêmes que ceux de l'épreuve par l'eau bouillante1.

Avant de quitter ce sujet, je dois faire observer que les mœurs nationales présentaient bien des obstacles à l'administration impartiale de la justice. L'institution de seigneur et de vassal assurait aux plaideurs des fauteurs et des appuis, et l'usage de faire des présents en toute occasion souillait la pureté de tous les tribunaux. Dans les procès criminels, la conviction était généralement suivie de peines pécuniaires, dont une partie, sinon le tout, était le casuel du juge principal ou du seigneur de la cour. Dans les causes civiles, l'influence de l'argent était employée à retarder ou à accélérer la procédure, à faire condamner le bon droit et triompher l'iniquité. La corruption sous prétexte de présents se faisait jour jusqu'au prince sur le trône, comme jusqu'au bailli sur son tribunal. Quand le prêtre Athclstan fut poursuivi pour vol et sacrilège par son évêque, il vendit une terre pour un prix fictif à l'ealdorman Wulstan, à condition d'étouffer l'affaire ; et lorsqu'Alfw in, abbé de Ramsey, désespéra de défendre les intérêts de son monastère contre l'influence supérieure d'Alfric , il donna vingt marcs d'or au roi Edouard, cinq à la reine Edith, pour que l'autorité royale intervint en sa faveur*. Nous rencontrons fréquemment des plaintes sur les frais et l'incertitude des procédures judiciaires; et bien des individus jugeaient plus prudent de subir en silence leurs pertes présentes que de se porter un plus grave préjudice en achetant la protection de leurs amis et de leurs juges3.

Les crimes que les Anglo-Saxons commettaient principalement étaient l'homicide et le vol. Parmi des hommes pleins de passions violentes, souvent ivres, toujours armés, les querelles, les voies de fait et les meurtres étaient inévitables ; et tant que les lois refusèrent d'exiger le sang pour le sang, le droit d'infliger le châtiment

1 . Lcg. sax. 26, 27, 53, 61 , 13! . On voit dans nos anciens écrivains que beaucoup di; personnes établissaient leur innocence par ces épreuves ; d'où l'on a conclu que le clergé possédait un secret pour empêcher ou guérir promptement la brûlure Cependant il est difficile de croire qu'un toi secret, si répandu et si souvent employé, eût pu échapper à la connaissance des juges et des législateurs, jaloux de prévenir ce crime; ou, dans le cas contraire, de s'expliquer la conduite de personnes ainsi placées, continuant pendant plusieurs siècles d'ordonner l epreuve par ordalie pour la découverte de la culpabilité, lorsqu'elles savaient que cette méthode n'était qu'une imposture.

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