Leg
570 HISTOIRK D'A NGLE TERR E .
On doit faire observer toutefois que l'influence de la religion adoucissait considérablement la rigueur de leur destinée. L'évéque était chargé de protéger les esclaves de son diocèse, et son auto-
rité était employée à l«»s garantir de l'oppression. Leurs seigneurs • étaient souvent avertis que l'esclave et l'homme libre étaient d'une valeur égale aux yeux du Tout-Puissant , que tous deux avaient été rachetés au même prix, et que le maître serait jugé avec la sévérité qu'il aurait montrée envers ses subordonnés1. Ces êtres infortunés n'étaient point non plus sans espérance de recouvrer leur liberté : et cette riante perspective stimulait activement leur tra\ail . car nous en voyons qui acquièrent un bien suftisnnt pour pouvoir se racheter. D'autres devaient cet avantage à la reconnaissance de leurs maîtres: beaucoup, à la pitié des gens humains et charitables *. (Juaiul le célèbre Wilfrid eut reçu d'Kdelwaleh, roi deSussex. In donation de l'île de Sclsey avec deux cent cinquante esclaves màleset femelles, l'évêqueles instruisitdans la foi chrétienne, les baptisa et les affranchit immédiatement \Lour manumission était un acte de charité fréquemment recommandé par les prédicateurs : et dans beaucoup de testaments qui existent encore, nous trouvons 1 ordre de donner la liberté à un certain nombre d'esclaves. Mais la commisération des noms charitables était plus touchée de la condition dos irite-iheoir (roux qui avaient été réduits en esclavage par sentence judiciaire) que de celle des individus qui étaient nés dans cet état, et qui n'avaient jamais goûté le bonheur de la liberté. Les évêques. au concile de Calcuith, convinrent de libérer a leur décès tous les esclaves de cette espèce, et des clauses semblables sont insérées dans les testaments de la lady Wenlleda, d'Athelstan, lils du roi Lthelred, et d\Klfric, archevêque de liant crhury *. La manumission, pour être légale, devait se faire en public, dans le marché, au tribunal du hundred, ou dans l'église au pied du principal autel. Le seigneur, prenant la main de l'esclave, la présentait au bailli, au shériff ou à un ecclésiastique, lui donnait une épée et une lance, et lui disait que