‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 268 sur 643 · Id · texte numérisé non relu

Id

CHAPIÏIU: SRPTIÈME.

Des diverses classes décrites jusqu'ici comme constituant la société anglo-saxonne, la plus nombreuse était celle des ceorles attachés à la glèbe1. On a discuté s'ils étaient hommes libres ou esclaves; mais donnez-leur la dénomination que vous voudrez, le fait est qu'ils ne pouvaient se séparer du sol où ils étaient nés, ni . s'affranchir du service du seigneur à qui ils appartenaient. Si jamais ils acquéraient tous les droits des hommes libres, ils devaient ces avantages à ses besoins ou à sa reconnaissance, oblenant de lui de changer en conditions déterminées les conditions incertaines de leur servitude, ou d'accepter un payement fixe et annuel à la place de tous autres services. Il reste, toutefois, une autre classe d'hommes d une caste encore inférieure, esclaves dans toute l'étendue du terme, et condamnés à souffrir les maux de la servitude sous la forme la plus dégradante8. On ne peut guère douter que tous ces premiers aventuriers ne fussent des hommes libres ; mais dans le cours de leurs conquêtes il est probable qu'ils trouvèrent et il est certain qu'ils firent un grand nombre d'esclaves. Les descendants de ces hommes héritèrent du sort de leurs pères; et leur nombre fut continuellement augmenté par les Saxons nés libres qui avaient été réduits à la mémo condition par leurs dettes, et qui avaient été faits prisonniers à la guerre, ou qui avaient été privés de la liberté en punition de leurs crimes, ou qui y avaient renoncé volontairement pour échapper aux horreurs du besoin . . La dégradation et l'asservissement d'un homme libre s'accomplissaient devant un nombre voulu de témoins. Le malheureux déposait à terre son épée et sa lance, symboles de la liberté ; ramassait la serpe et l'aiguillon , outils de l'esclavage, et, tombant à genoux, plaçait sa tète en signe de soumission sous les mains de son maître *.

1. Suivant lenumération du Domesday, ces ceorles, sous le nom de vilains, cottars, bor Jars, montaient en Angleterre à 183,024, tandis que les hommes libres n'étaient que 30,005, les esclaves 2*>,552. Les bourgeois, dont beaucoup étaient des ceorles de même espèce, étaient au nombre de 17,105. Voyez la table à la fin du premier volume de Y Histoire de sir James Mackintosh.

2. Lrg. 15, 53, 103. Il paraît que les esclaves, aussi bien que les hommes libres, étaient mutuellement garants de leur conduite. Sous le règne d'Athelstan, où les peines contre le vol étaient les plus sévères, on fit une \ n relative aux délits commis parles esclaves envers d'autres que leurs maitres. Un voleur était condamné à être lapidé par vingt de ses égaux, dont chacun était puni de trois coups de fouet «'il manquait trois fois à toucher l'accusé. Une voleuse était brûlée par quatrevingts femmes esclaves, dont chacune apportait trois bûches pour l'exécution. Si elle y manquait, elle était aussi punie de trois coups de fouet. Après la mort du coupable, chaque serf payait au propriétaire trois pennies d'amende. Leg. AlhnL apud Brompt 84».

3. Leg. 15» 16, 22. On voit dans Bède |iv, 22| que les Saxons d'une nation faisaient esclaves los Saxons d'une autre nation, s'ils les prenaient à la guerre. Cette coutume devait fournir un grand nombre d'e?claves.

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