‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 271 sur 643 · CHAPITRE SEPTIÈME. 27 i · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME. 27 i

les voies lui étaient ouvertes et qu'il était libre d'aller partout où il voudrait t.

Avant de quitter ce sujet, il convient d'ajouter que la vente et l'achat des esclaves eurent lieu publiquement pendant toute l'époque anglo-saxonne. Ces malheureux étaient vendus au marché comme le bétail; et on a lieu de croire qu'un esclave valait ordinairement quatre fois le prix d'un bœuf2. Jamais aucun empêchement n'avait été mis à l'importai ion des esclaves étrangers. L'exportation des esclaves indigènes était défendue sous des peines sévères5. Mais l'habitude et l'amour du gain avaient appris aux Northumbres à délier tous les efforts de la législation. Ainsi que les sauvages de l'Afrique, ils enlevaient, dit-on , non-seulement leurs compatriotes, mais mémo leurs amis et leurs parents, et ils les vendaient comme esclaves dans les ports du continent4. Les habitants de Bristol furent les derniers à abandonner ce coupable trafic. Leurs agents parcouraient le pays en tous sens; ils avaient ordre de donner un plus haut prix pour les femmes enceintes ; et les vaisseaux à esclaves allaient régulièrement de ce port en Irlande, où ils étaient sûrs d'un débit prompt et avantageux. Leur opiniâtreté céda pourtant , non pas à la sévérité des magistrats , mais au zèle de YVulstan, évèque de Worcester. Ce prélat visita Bristol plusieurs années de suite, résida des mois entiers dans le voisinage, et prêchait tous les dimanches contre la barbarie et l'impiété des marchands d'esclaves. A la fin , les trafiquants furent convaincus par ses raisons, et s'engagèrent solennellement, dans leur corporation , à renoncer à ce commerce. Un des membres, peu de temps après, céda à la tentation de violer son engagement. 11 perdit les yeux pour prix de sa mauvaise foi 6.

De la population des campagnes nous pouvons passer à celle des villes et des bourgs, dont un petit nombre pouvaient bien être d'origine récente , et s'être élevés sous la protection de quelque chef puissant ou de quelque célèbre monastère, mais dont la plus grande partie existait depuis l'époque des Romains, et avait suc-

1. Leg. il, 229, 270. Si un esclave passait un an et un jour dans un bourg ou château sans être réclamé de son maître, il devenait libre. New Rymer, i, 2.

2. Jean acheta Gunilda de Gada pour une demi-livre d'argent, et la donna à l'église de Saint-Pierre (Lye, app. vt. Wulfric acheta Elfgitha pour une demi-livre. Egilsig acheta Wvnric pour un vre d'or libid.). Le droit dans le marché de Lewes était d'un penny pour 1» vente d'un bœuf, de quatre pennies pour celle d'un esclave. Domesday.

Page 1