Ang. Sac. n
2/3 I1IST0IRK D'ANGLETERRE.
ccssivement passé aux mains des Bretons, des Saxons et des hommes du Nord. Les commencements de leur histoire se perdent dans la nuit des temps : c'est seulement vers la fin de la dynastie anglo-saxonne que nous pouvons découvrir quelques traces, et encore bien imparfaites, de leur régime municipal, qui paraît avoir été fondé sur les mêmes principes que ceux qui dominaient dans le pays environnant. Là comme ici nous trouvons le seigneur et le tenancier : le seigneur avec son bailli, sa cour de justice, son droit de taille et sa recette de rentes, d'amendes et de confiscations; et, d'autre part, le tenancier devant au seigneur toute espèce de services, depuis celui qui était regardé comme honorable jusqu'au plus bas et au plus dégradant. Toutefois, dans les villes ce principe se modifiait en raison des besoins et convenances d'une grande masse d'hommes rassemblés sur un seul point; et il advint de là que les habitants acquirent graduellement des avantages refusés à leurs égaux de la campagne. Ils avaient le bénéfice d'un marché pour la vente de leurs denrées et marchandises; leur union et leur nombre les protégeaient contre les déprédations des brigands et des bandits; et ce qui, par la suite, devint pour eux un avantage incalculable, ils formaient un corps politique ayant des droits et des intérêts communs. Ils avaient leur salle ou hanse-hou$e, où ils se rassemblaient et délibéraient ; ils jouissaient du pouvoir de rendre des lois de by (ou bourg) pour le gouvernement ou l'amélioration du bourg 1 ; et ils possédaient, par bail ou par achat, des maisons, des pâturages et des terrains boisés pour l'usage et utilité de toute la communauté2. Ceci conduisit par degrés à l'émancipation des habitants : car les seigneurs faisaient surtout cas de leurs droils à cause du revenu qu'ils en tiraient; et, en conséquence, ils ne faisaient point de difficulté de transférer aux bourgeois eux-mêmes l'exercice de ces droits , en retour d'une forte somme d'argent ou d'une rente annuelle pendant un certain terme. 11 y a beaucoup d'exemples de marchés pareils dans le Domesday 5.
1. Dans la charte de Thurstan, premier archevêque normand d'York, laquelle assurait aux bourgeois de Beverley tous les privilèges dont jouissaient les citoyens d'York, il est fait mention de u suam nanshus, ut ubi pertravtent stnluta sua rid.... totius villatus emendatinnem « (New Rymtr, i, 10i . Or. il Tant remarquer que cette charte, comme on l'aperçoit à première vue. n'est point une concession de droits nouveaux, mais une confirmation de droits anciens , et, par conséquent, se rapporte à 1 époque anglo-saxonne. Elle suppose que les bourgeois sont déjà un corps constitué, ayant droit de se gouverner eux-mêmes.