CHAPITRE SEPTIÈME
Les plus grandes villes étaient divisées en districts appelés dans certains endroits wards, dans quelques-uns shires, et dans d'autres ferlings ou quartiers1. Parmi les habitants nous rencontrons des hommes très-riches et très-influents, ayant sur leurs propriétés dans le bourg, et transmettant avec elles à leurs héritiers, la précieuse juridiction de sac et de soc8. Ils avaient aussi leurs guilds ou compagnies, composées dans certains cas, et probablement dans tous, d'hommes du même commerce ou de la mémo . profession, et possédant des biens communs et une salle commune dans le double but de se consulter ou de se divertir .
Le principal magistrat était le prévôt, nommé wic-reeve, pour le distinguer du shire-reeve ou reeve (bailli) du comté. C'est une question de savoir s'il devait sa position à la nomination du seigneur ou au choix des bourgeois. Le wic-reeve des villes populeuses est toujours cité comme un officier de haute importance, et parfois compté au nombre des plus nobles de l'endroit*. Ses fonctions étaient de recueillir les revenus du roi et du seigneur, de veiller sur leurs intérêts, et d'exercer dans les limites du bourg la même autorité que le shériff exerçait dans le comté. A la manière dont les plus anciens chroniqueurs parlent accidentellement de Londres, de Winchester, d'York, d'Exeter et autres lieux, il est clair que les habitants formaient des corporations distinctes, qui non-seulement avaient des formes de gouvernement municipal ,
certaine quantité de miel, à la place de toute coutume Dom. 1541 . Les citoyens de Worcester avaient racheté toutes leurs charges sauf l'impôt foncier, (ibid. 172).
1. Ainsi Cambridge et Stamford étaient divisées en'wards (ibid. 189, 336) ; York, en shires (2981 ; Huntingdon, en ferlings (203).
2. Dans le Lincoln, cette juridiction appartenait à douze individus sous le règne d'Edouard-le-Confesscur. A l'époque de la rédaction du Domesday, il y en avait encore deux de vivants et en possession ; cinq avaient été remplacés par leurs lils , et les droits des cinq autres avaient passé dans d'autres mains par héritage ou par achat. Quelques écrivains ont considéré ces douze personnes comme des juges locaux ; mais le registre les décrit exactement dans les mêmes termes qu'il décrit les possesseurs de la même juridiction dans plusieurs manoirs de la campagne u lagemen,i. e. habentes sacam et socam «(Domcsd. i, 336). Un d eux, Ulf, fils de Swartcbrande, avait aussi le droit de txtll et de Icam (ibid.). Ainsi encore, à Londres, plusieurs églises et citoyens avaient ce même droit de sac et de soc sur leurs propriétés. « Habeant socassuas cum omnibus consuetudinibus ; ita quod hospites qui in sokis hospitabuntur, nulli denteonsuetndines nisi il I i cujus soka fuerit, vcl ministro suo quem ibi posuerit « (New Rymer, i, ll|. Je considère cette charte comme une confirmation de privilèges, « quœ habuerunt antecessores corum « jibid.).
3. Il y avait À Londres un guild de chevaliers anglais possédant un soke et des terres tant an dedans qu'au dehors de la ville iNew Rymer, i, 11. Stevens, u, 891 ; et un antre à Winchester, près de la porte de l'est. Us avaient une salle commune, u ubi pofnbanl gildam suam. w La terre qui leur appartenait était louée quarantedeux shillings. Dômes. îv, 531.
4. Càron. sax. 97, 102. Le plus ancien wic-reeve dont il soit fait mention dans l'histoire est Bliecca (Black on Biakc ) , baili de la cité de Lincoln en K28 Bède, il, ir,.
îl\ HISTOIRE D'ANGLETERRE.
mais aussi exerçaient une influence considérable sur les affaires de I Ktat i.
Dans les différents bourgs, quelquefois dans les différentes divisions du même bourg, il régnait une variété d'usages et de services locaux qui devaient leur origine aux besoins, au caprice ou à la faveur des divers propriétaires. Pour ce détail, le lecteur devra consulter les pages du Domesday, la seule source de renseigne- • ments authentiques qu'on ait sur cette matière : même là encore, il ne recueillera que des données imparfaites et insuffisantes, échappées à la plume des compilateurs, qui ne cherchaient point à enregistrer les immunités et les coutumes du peuple , mais bien les droits et les recettes du souverain.
1. Chmn. sax. 135, 143, 143, 150, 174. Encom. Entm<r, 15 Gui. Pict- 143, etc.