‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 293 sur 643 · Orderic · texte numérisé non relu

Orderic

4. « Priinum Wcstmonasterio , postmodum Oxoniensi , studio traditus eram. Cumquc in Aristotele arripiendo profecissem , » etc. (Ingulf, 73 . Gibbon doute de l'authenticité de ce passage, parce queOxford était eu ruines en 1048, et que lesou-

lngulf s'attacha au service du duc , et fut employé par lui comme secrétaire. De Normandie, il alla en pèlerinage à iérusalem, revint, et prit l'habit monastique à Fontanelles. 11 arriva que Wulfketul , abbé de Croyland, fut déposé et emprisonné à la réclamation d'ivon Tailbois. Le roi donna l'abbaye à son ancien secrétaire. Mais, quoique Ingulf dût sa promotion aux étrangers , il conserva toujours le cœur d'un Anglais. Il résista avec fermeté aux prétentions des Normands de son voisinage, obtint plusieurs adoucissements au sort de son prédécesseur, et, pour ménager les sentiments du vieillard , il ne prit jamais que le titre modeste de vice-gérant. Il nous a laissé une histoire détaillée de l'abbaye de Ooyland depuis sa fondation , et il a entremêlé sa narration de beaucoup de particularités intéressantes de l'histoire nationale !.

En 1071, la guerre civile fut rallumée par la méfiance de Guillaume. Durant les derniers troubles , Edwin et Morcar s'étaient prudemment abstenus de toute communication avec les insurgés. Mais, si leur conduite était irréprochable, leur influence fut jugée dangereuse. Les indigènes voyaient en eux l'espoir de leur pays, c'était d eux qu'ils en attendaient la délivrance ; et le roi crut devoir apaiser ses propres craintes en s'assurant de leurs personnes. Mais sa tentative fut vaine : Edwin se cacha, sollicita l aide des amis de sa famille, et, trompant la vigilance des Normands, entreprit de s'échapper vers les frontières de l'Écosse. Malheureusement le secret de sa route fut trahi par trois de ses vassaux: un ruisseau grossi momentanément par le flux de la marée arrêta sa fuite, et il périt, avec vingt de ses plus fidèles partisans, en combattant ceux qui le poursuivaient. Les traîtres présentèrent sa tête a Guillaume , qui récompensa leurs services par une sentence de bannissement perpétuel. Le sort de son frère Morcar fut différent : il se réfugia sous la protection de Hereward , qui avait osé lever

vraçes d'Aristotc étaient alors inconnus {Po&thnmous Works, m, 534L ïl est clair que l'histoire d'Inpulf n'est pas sortie de sa plume dans l'état où nous l'aVons aujourd'hui (royez Quaterly Revieu\ xxxiv, 298). L'original a dû être altéré par les interpolations de quelque écrivain plus récent; aussi .j'ai rarement recours au témoignage d'Ingulf, à moins qu'il ne soit corroboré d'une autre autorité. Que ce passage soit une interpolation, cela n'est point improbable; cependant les arguments de Gibbon sont loin d'être concluants : car 1° c'est en 1010 qu'Oxford lut brûlée. Trois ans après, elle sortit de ses cendres, et devint une place d'importance (voyez Sax. Ckroniclc, p. 139, 143, 146, 154, l»5'i. 2" Aristote fut connu beaucoup plus tôt qu'on ne rroit généralement ; Alcuin, qui écrivait deux siècles avant In gulf, nous informe qu'on étudiait Aristote a York ; De Pont. Ebnrac. v, 1 "*><)), et il composa lui-même un traité sur les u Isagogse, Categoriœ, Syllogismi, Topica et Periermenia;. » Canis u, part, i, p. 482.

Page 1