‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 3 sur 643 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

BRËTAGNE ROMAINE.

César envahit deux fois la Grande-Bretagne. — Tribus britanniques. — Leurs mœurs. — Leur religion. — Leur gouvernement. — Conquête graduelle de la Bretagne par les Romains. — Son état sous les empereurs. — Conversion des naturels au christianisme. — Les Romains abandonnent l'île.

[Avant J.-C. 55.] C'est à la plume d'un général romain que nous devons nos premières notions sur l'histoire de la Bretagne. Jules-César, dans le court espace de trois années, avait conduit ses légions victorieuses du pied des Alpes à l'embouchure du Rhin. De la côte des Morins il pouvait apercevoir les blanches falaises de l'île voisine, et le conquérant de la Gaule aspira à la gloire d'ajouter la Bretagne aux domaines de Rome. L'impuissance ou le refus des matelots gaulois de lui faire connaître le nombre des habitants, leur manière de combattre et leurs institutions politiques; la prudence ou la timidité de Volusenus, qui, envoyé aux renseignements, était revenu sans avoir osé communiquer avec les naturels , ne servirent qu'à enflammer sa curiosité et à irriter son ambition. Les Bretons, en prêtant assistance à ses ennemis, les Venètes, lui fournirent un prétexte plausible à hostilités ; et le vingtsix du mois d'août, dans la cinquante-cinquième année avant l'ère chrétienne, César fit voile de Calais avec l'infanterie de deux légions. Traverser le détroit fut l'affaire de quelques heures ; mais lorsqu'il vit devant lui les hauteurs couronnées d'une multitude d'hommes armés, il changea de direction, et, côtoyant le rivage, il alla jeter l'ancre devant le lieu qu'occupe maintenant la ville de Deal. Les naturels suivaient avec soin les mouvements de la flotte, poussant leurs chevaux dans les vagues et, par leurs gestes et leurs cris, défiant les envahisseurs. L'aspect de ces barbares nus et une crainte superstitieuse d'offenser les dieux de ce monde inconnu répandirent un moment l'alarme parmi les Romains; mais bientôt le porte-enseigne de la dixième légion, invitant ses cama-

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