‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 4 sur 643 · I. il · texte numérisé non relu

I. il

rades à le suivre, sauta dans la mer avec son aigle : plusieurs détachements s'élancèrent aussitôt des bâtiments les plus voisins. Après une courte lutte, le rivage fut emporté, et la valeur inexpérimentée des naturels céda aux armes et à la discipline de leurs ennemis.

Si leâ Romains avaient la prééminence dans l'art de la guerre , leur science nautique laissait beaucoup à désirer. La quatrième nuit après leur arrivée, la violence du vent augmenta le gonflement ordinaire des vagues dans les grandes marées : les vaisseaux qui avaient été halés sur le rivage se remplirent d'eau ; ceux qui étaient à l'ancre furent entraînés à la mer , et une escadre employée à amener de la cavalerie de la Gaule fut entièrement dispersée. Les chefs bretons, qui étaient venus au camp solliciter la paix, remarquèrent la consternation causée par ces événements sinistres;* et, s étant retirés séparément sous divers prétextes, ils se cachèrent, avec leurs forces, dans les bois voisins. César ne se douta de leur dessein que lorsqu'il apprit que la septième légion, qu'on avait envoyée fourrager, était entourée et accablée par une multitude d'enneinis. Le reste de l'armée arriva à temps pour arracher à la mort ceux qui survivaient. Mais les Bretons, fidèles à leur plan, expédièrent des messagers aux tribus voisines, pour leur représenter que les envahisseurs étaient en petit nombre, et leur démontrer la nécessité d'intimider les aventuriers futurs en exterminant ceux-ci. Un assaut général ftit bientôt donné au camp romain ; et, quoiqu'il n'eût pas réussi, il fit réfléchir César sur le danger manifeste de sa position, si le mauvais temps interrompait ses communications avec la Gaule, et le retenait l'hiver sur un rivage étranger, sans renforts ni provisions. Pour sauver sa réputation, il accepta avec joie, de quelques-uns des naturels , une promesse illusoire de soumission, et se hâta de revenir avec son armée dans la Gaule, après une courte absence de trois semaines. 11 est évident qu'il n'avait guère lieu de se vanter du succès de cette expédition ; aussi affectet-il, dans ses Commentaires, de la représenter comme entreprise dans un seul but de découverte. Mais à Rome elle fut saluée comme le prélude des plus brillantes victoires : une simple invasion en Bretagne se métamorphosa en conquête d'un monde nouveau, et le sénat décréta qu'on rendrait aux dieux immortels des actions de grâces de vingt jours*.

[Av. J.-C. 54.] L'hiver suivant fut employé très-activement de part et d'autre à faire des préparatifs. Au printemps, l'armée ro-

1. Cœs . De Dell. gall. iv, 20-36. Dio, xxxix , 120. César, dans ses lettres, représente l'ile comme étant d'une immense étendue, un autre monde : alium orbem (erratum. Tumcn. l'aneg. p. 174. Quant à son succès, Lucain dit clairement : Tcrrila qua^iUs ostendit terga Britannis, ( Luc. , il, 572 )

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