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dépens du peuple *. Ainsi il arriva que non-seulement les vassaux immédiats de la couronne, mais leurs principaux sous-vassaux, étaient étrangers, et les indigènes à qui il fut permis de conserver des terres descendirent par degrés aux plus basses classes de3 hommes libres.
III. Une si générale et si rapide translation de propriété d'un peuple à un autre ne pouvait s'effectuer sans produire d'importantes modifications dans la condition des tenures sous lesquelles les terres avaient été possédées jusqu'alors. De ces tenures, celles par service militaire étaient estimées les plus honorables. Dans les pages qui précèdent, le lecteur aura remarqué les éléments des tenures militaires chez les Anglo-Saxons : il les découvrira bientôt, sous les Normands, perfectionnées et formant un système plus complet, mais aussi plus onéreux. Si l'institution des fiefs de chevalier a été originairement. imaginée ou seulement introduite par la politique du Conquérant, la queslion peut être douteuse. A la vérité on suppose généralement qu'il l'apporta de Normandie, où elle a certainement prévalu sous ses successeurs; mais je ne connais aucune ancienne autorité qui prouve qu'elle ait existé sur une grande échelle, dans ce pays ou dans tout autre, avant son établissement en Angleterre. Guillaume vit que l'épée pouvait seule lui conserver la couronne qu'elle avait conquise. L'incessante hostilité des indigènes dut lui suggérer l'idée de se ménager une force qui à toute heure fût en état d'écraser les rebelles et d'intimider les mécontents; et il n'était pas aisé d'inventer un plan qui remplît mieux ses v ues que celui qui obligeait chaque tenancier en chef à avoir un certain nombre de chevaliers ou de cavaliers toujours prêts à combattre sous sa bannière, et à obéir aux ordres du souverain. Nous pouvons induire des lois du Conquérant que cette question fut discutée et réglée dans un grand conseil de ses vassaux à Londres. « Nous voulons , dit-il , que tous les hommes libres de notre royaume possèdent leurs terres en paix, franches de toutes tailles et d'injustes exactions; qu'on ne retpiière d'eux ou qu'on ne leur prenne que le service libre qu'ils nous doivent de droit, comme il leur a été prescrit et concédé par nous avec droit héréditaire A toujours par le conseil commun de tout notre royaume. Et nous ordonnons que tous comtes, barons, chevaliers, sergents et hommes libres soient toujours pourvus de chevaux et d'armes comme ils le doivent, et qu'ils soient toujours prêts à faire pour nous tout leur service de la manière qu'ils nous le doivent de droit pour leurs fiefs et tènements, et comme nous le leur avons prescrit par le