‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 330 sur 643 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

de nouveaux délits ; les peines eapilales furent commuées en amendes pécuniaires; et on ordonna un nouveau cadastre du royaume , afin de hausser l'impôt foncier des biens qui avaient été taxés au-dessous de leur valeur dans le registre du Domesday. C'est par ces moyens que Flambard obtint l'éloge qui fut fait de lui par le roi , que c'était le seul homme qui , pour plaire à son maître , fut prôt à braver la vengeance du genre humain *.

Néanmoins, s'il échappa à cette vengeance, il dut plutôt son salut à son heureux destin qu'à la protection de Guillaume. Un jour qu'il se promenait au bord de la Tamise, Gérold, un marin qui avait été autrefois à son service , mais qui maintenant se donnait pour un messager de révoque de Londres , le pria de monter dans un bateau et de venir voir ce prélat, qu'il représenta comme à l'article de la mort dans une maison de plaisance sur la rive opposée. Sans soupçonner de danger, Flambard y consentit; mais quand le bateau l'eut mené à quelque distance sur la rivière, il fut mis de force à bord d'un vaisseau et emmené en mer. Heureusement il s'éleva une tempête; les hommes qui s'étaient engagés à l'assassiner se querellèrent; à force de promesses et d'instances, il décida Gérold à le déposer à terre, et le troisième jour, à la terreur et à la stupéfaction de ses ennemis , il reprit à la cour sa place habituelle. Comme compensation, il obtint l'évcché de Durham; mais le roi n'était pas dans l'usage de conférer des bénéfices sans une rétribution, et le favori, pour prouver sa reconnaissance, lui fit un présent de mille livres2.

Pour le payement de cette somme , Flambard avait été pris dans ses propres filets, quoique, si quelqu'un pouvait espérer une promotion gratuite sous un prince tel que Guillaume, ce fût bien /ut, qui, à ses autres titres à une rémunération, ajoutait le mérite d'avoir découvert une source nouvelle et productive de revenus dans la garde et la vente des abbayes et évèchés vacants. Avant la conquête, à la mort d'un abbé ou d'un prélat, le soin du temporel revenait au diocésain ou à l'archevêque; sous le Conquérant, il fut confié à un ecclésiastique nommé par le roi et tenu de rendre un compte exact de son administration au nouveau bénéficier5» Flambard déclara ces deux coutumes une infraction aux droits de la couronne. Il soutint que les prélatures étaient des fiefs relevant du roi, et dont les revenus , à la mort du tenancier, devaient retourner au souverain jusqu'à ce que, de sa grâce spéciale , il les

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