‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 331 sur 643 · Orderic, 516, 679. Pet. Bles cont. 111. Alur. Bcv. U · texte numérisé non relu

Orderic, 516, 679. Pet. Bles cont. 111. Alur. Bcv. U

348 HISTOIRE D'ANGLETEftftE.

accordât à un nouvel abbé ou évèquc. Agissant d'après ces principes, il prit sous sa garde chaque préluture vacante. Des officiers inférieurs furent charges d'en administrer le temporel au profit de la couronne ; les terres et les revenus furent affermés par eux à des spéculateurs aux enchères publiques, et le tenancier actuel, sentant qu'il pouvait à tout moment être chassé à la requête d'un plus offrant, ne perdait pas de temps pour tirer de son marché le plus grand avantage possible. Le lecteur peut concevoir aisément les extorsions et les dilapidations qui furent les conséquences invariables d'un système aussi inique. Les moines et le clergé qui appartenaient à l'église étaient souvent obligés de demander leur subsistance précaire à la charité des étrangers; et les hommes des prélats, ceux qui tenaient leurs terres de l'église, étaient généralement réduits au dernier degré de pénurie. Et le mal ne s'arrêta pas là. Des richesses si facilement acquises ne se rendaient pas facilement : Guillaume gardait en sa possession, pendant plusieurs années, les abbayes et évôchés vacants ; et s'il consentait enfin à y nommer, il était entendu au préalable que le nouveau prélat verserait dans l'échiquier une somme proportionnée à la valeur du bénéfice !.

Pendant le carême , quatre ans après la mort de Lanfranc , le roi tomba dangereusement malade; et lui, qui en santé avait bravé les lois divines et humaines, il commença à trembler à l'approche probable de la mort. Le célèbre Anselme, natif d'Aoste en Piémont, et abbé de Bec en Normandie, était par hasard à cette époque en Angleterre , où il avait été invité à venir par Hugues , comte de Ghester. Sa réputation engagea Guillaume à l'envoyer chercher à Gloucester, et, d'après son avis, le monarque malade prit l'engagement de changer de conduite , de rendre aux différentes églises les biens dont il les avait injustement dépouillées, amnistia par une proclamation tous les délits commis envers la couronne , et promit au peuple, en cas de guérison, une administration intègre de la justice. Avant d'être malade , il avait été souvent sollicité de nommer un successeur à Lanfranc , et aussi souvent il avait répondu .qu'il ne se dessaisirait qu'à sa mort du temporel de Canterbury. Les évêques profitèrent de ce moment pour renouveler leurs importunités; et Guillaume, dans la ferveur de son repentir, s'écria qu'il donnait cette charge à Anselme. Le pieux moine, à cette déclaration inattendue, fut rempli d'inquiétude et de tristesse : les tourments et les soucis auxquels il allait

î. Orderic, 763. 774. Le roi, à sa mort, avait dons ses mains un archevêché , quatre évêchés et onze abbayes , qui tous avaient été affermés. BU s. 111.

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