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il fut enseveli à la hâte le lendemain matin *. Par respect pour son rang, on lui érigea un tombeau dans la cathédrale ; mais on jugea inconvenant d'honorer des rites religieux les obsèques d'un prince dont la vie avait été si impie, et dont la mort avait été trop soudaine pour donner l'espoir qu'il eût trouvé le temps de se repentir *.
Quelle main frappa le roi, et si ce fut par accident ou à dessein, ce sont là des questions auxquelles on ne saurait répondre d'une manière satisfaisante. Le bruit qui s'accrédita le plus alors, ce fut que Guillaume, qui suivait des yeux un daim blessé , tenait sa main près de son visage pour intercepter les rayons du soleil , et qu'au môme moment une (lèche, partie de l'arc de Gauthier Tyrrel, chevalier français , effleura un arbre et l'atteignit à la poitrine. On ajoutait que l'homicide involontaire , piquant des deux vers le rivage, avait passé aussitôt sur le continent, et un pèlerinage qu'il fit à la Terre-Sainte fut attribué au remords et interprété comme une preuve de sa culpabilité. Mais Tyrrel nia toujours l'accusation; et après son retour, lorsqu'il n'avait rien a espérer ni à craindre, il déposa sous serment, en présence de Suger, abbé de Saint- Denis, qu'il n'avait pas vu le roi le jour de sa mort, et qu'il n'était pas entré dans la partie de la forêt où ce prince était tombé s. Si Guillaume périt par trahison (supposition qui n'a rien d'improbable) , il fut politique à l'assassin de rejeter la faute sur quelqu'un qui n'était plus dans le royaume. Ce qu'il y a de certain , du moins, c'est qu'on ne fit aucune enquête sur la cause ou le genre de sa mort : d'où nous pouvons inférer que son successeur, s'il ne fut pas convaincu que les recherches ne mèneraient à rien, était trop aise d'un événement qui l'élevait au trône pour s'inquiéter des moyens par lesquels cet événement s'était effectué.
Les pages qui précèdent auront donné au lecteur une idée suffisante de la violence de Guillaume, de sa rapacité, de son despotisme et de ses débauches 4. Il était petit et gros, avait les cheveux blonds et le teint rubicond , ce qui lui fit donner le nom do Rufus. Dans la conversation ordinaire , son débit était lent et embarrassé ; dans l'emportement de la colère , précipité et inintelligible. Il prenait en public une attitude hautaine, roulant des