‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 353 sur 643 · CHAPITRE DIXIÈME. 3f · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME. 3f

Saint-Saen, qui avait épousé une fille illégitime de Robert. Mais ses conseillers lui exposèrent que le jeune prince pourrait par la suite réclamer les fctats de son pore; et un olli< ier de confiance fut dépêché pour surprendre le château de Saint-Saen , et s'assurer de la personne de Guillaume [1108]. Hélie était absent; mais l'adresse de ses serviteurs mit en défaut la diligence du messager royal , et le tuteur s'empressa d'abandonner ses domaines pour mettre en sûreté son pupille. Le fils de Robert fut conduit par lui de cour en cour, et partout son innocence et ses infortunes lui gagnèrent des partisans et des protecteurs. Au nombre des plus puissants étaient Louis, roi de France, et Foulques, comte d'Anjou. Louis s'engagea à lui accorder l'investiture de la Normandie, Foulques à lui donner sa fille Sibylle en mariage : promesse dont l'exécution fut suspendue pour le moment à cause de sa minorité. Sur ces entrefaites, Hélie de La Flèche mourut. Henri réclama son comté du Mans comme dépendance de la Normandie ; Foulques s'en saisit du droit de sa femme, fille unique de Hélie [4 H 3]. Le premier fut soutenu par son neveu Théobald, comte de Blois ; le second , par son seigneur suzerain, le roi de France. Pendant deux ans la victoire sembla osciller entre ces compétiteurs; et chaque succès éphémère, n'importe qui l'obtenait, produisait invariablement les mêmes effets, le pillage du pays et l'oppression des habitants. A la fin une paix fut conclue , dont les conditions furent que les intérêts du prince normand seraient abandonnés. Mathilde, fille de Foulques, fut promise en mariage à Guillaume, fils do Henri; et on permit au comte de conserver la possession du Mans, comme feudatairedu monarque anglais [11L?i]. Pendant la guerre, le roi avait arrêté Belesmc , et l'avait confiné pour la vie au château de Wareham *.

A mesure que Guillaume de Normandie avançait en âge, les espérances de ses partisans croissaient. Baudoin, comte de Flandre, chez qui il avait trouvé une retraite honorable pendant les cinq dernières années, s'engagea à l'assister de tout son pouvoir; Louis , malgré la paix, se laissa persuader de tirer Tépée pour la même cause; et même Foulques d'Anjou convint de se joindre aux confédérés. Tous ces princes avaient individuellement des raisons de se plaindre de Henri : ils ne demandèrent pas mieux que de sanctifier leurs ressentiments en épousant les intérêts lésés d'un orphelin. La guerre se ralluma donc, et les flammes s'en étendirent d'une extrémité à l'autre de la Normandie. Pendant plus de trois ans la fortune sembla se jouer des efforts des combattants. D'abord Louis fut obligé

Page 1