‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 360 sur 643 · Orderic · texte numérisé non relu

Orderic

l'attaqua tout à coup avec une troupe d'hommes armés et le tua au pied de l'autel. A la première nouvelle de cet événement, Guillaume d'Ypres entoura les murs avec ses vassaux : le roi de France le suivit avec des forces redoutables , et , après un siège de cinq semaines, les portes furent forcées et les assassins précipités par-» dessus les créneaux de la forteresse. Guillaume avait accompagné son bienfaiteur, et il reçut de lui l'investiture du comté qu'il pouvait justement réclamer comme représentant de Mathilde , sa grand' mère, fille de Baudoin V Ainsi de nouveau, par un caprice de la fortune, il se trouva revenu à un haut degré de puis* sance et placé dans une situation des plus favorables pour la conquête de la Normandie. Henri commença à trembler pour la sûreté de ses possessions continentales2.

Il est temps d'indiquer les mesures qu'avait prises ce monarque pour perpétuer la succession dans sa famille. Mathilde lui avait donné deux enfants : un fils, Guillaume, dont le lecteur a déjà vu la mort prématurée ; et une fille , Alice , qui , plus tard , prit le nom de sa mère 5. Pendant les douze dernières années de sa vie, la reine résida à Westminster, privée de la société de son mari, mais entourée de l'appareil de la royauté et l'objet de la vé-^ nération du peuple, qui, généralement, la désignait sous le nom de Molde-la-Bonne *. La pureté de son caractère élait au-dessua du soupçon. Des actes de bienfaisance et des exercices de dévotion occupaient son temps, et son principal amusement était d'écouter les chants dos ménestrels et les vers des poètes. On ne lui reproche qu'un défaut. Elle était libérale au delà de ses moyens, et ses ofti-* ciers , pour suffire à sa munificence , étaient parfois obligés d'opprimer ses vassaux 5 . A sa mort, en \ H8, le roi se trouva en liberté de contracter un autre mariage; mais les contraintes de l'hymen ne s'accordaient point avec son amour du plaisir et l'inconstance de ses affections , et il ne pensa à prendre une autre femme que lorsque la perte de son fils l'etheling eut mit la succession à la portée de son neveu [2 fév. \ 121]. Pour tromper les espérances de ce prince , il offrit sa main à Adélaïde, fille de Geoffroi , duc de Louvain, et nièce du pape Calixte t princesse dont la principale

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