‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 380 sur 643 · Voyez VArc/teologia, vol. xn, xin · texte numérisé non relu

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les liens artificiels de la société étaient relâchés, les haines de familles se réveillaient, et les plus coupables attentats se commettaient à la face du jour et sans crainte de châtiment. Dès que la mort de Henri fut connue, L'Angleterre et la Normandie offrirent leur aspect accoutumé de désordre et de licence ; mais, en Angleterre, la violence du peuple sui\it une voie nouvelle, et dirigea tous ses efforts sur la destruction des forets royales. La passion de Henri pour la chasse l avait porté à exercer les vexations les plus tyranniques. Comme si les jouissances des autres devaient diminuer les siennes, il avait défendu à ses barons de chasser mêjne sur leurs propres domaines sans sa permission spéciale. 11 avait ordonné à ses officiers de réclamer comme propriété de la couronne les terres vagues qui appartenaient à des particuliers; et, si ces terres étaient quelquefois rendues à leurs propriétaires moyennant une amende, elles avaient été, dans beaucoup d'autres cas, définitivement adjugées au souverain. Il avait augmenté et multiplié les forêts, et, * par les plus cruelles punitions , il les protégait contre les incursions des hommes et des chiens1. Tout le pays, dit un historien contemporain, était couvert de gibier, qui maintenant a disparu comme par miracle. Du vivant de Henri , vous auriez pu le voir errer par troupeaux de mille à la fois ; peu de jours après sa mort, vous n'auriez pas pu en découvrir deux pièces dans toute une forêt*.

Le roi avait flatté ses derniers moments de l'espoir que, par ses soins, la couronne avait été assurée à Mathilde. Elle fut saisie par son neveu Etienne, qu'il avait traité avec la tendresse d'un père, et qu'il destinait à être l'appui du nouveau trône. Etienne était le troisième des quatre fils qu'Adèle, sœur de Henri, avait donnés à son mari, le comte de Blois. Guillaume, l'aîné, se contenta du patrimoine de sa femme, l'héritière de Solieu; Théobald, le second, avait hérité des États de son père, et Henri, le plus jeune, avait été rappelé d'un couvent de moines de Cluny pour gouverner l'abbaye de Glastonbury, et de Glastonbury avait été promu à l'évôché de Winchester. Etienne seul s'était attaché à la forlune de son oncle. II avait reçu de lui, avec l'ordre de la chevalerie, plusieurs domaines considérables en Angleterre , avait acquis par sa valeur, aux champs de Tinchebrai, le comté normand de Moretoil, et ensuite, par son mariage avec Mathilde, fille du comte de Boulogne, il avait hérité des terres de son boau-père3. A chaque pas

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