‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 428 sur 643 · Ep. h 69, 102; |t · texte numérisé non relu

Ep. h 69, 102; |t

lexandre, jura qu'à Wurtzbourg il n'avait rien fait de contraire à la foi de l'Église ni à l'honneur et au service du pontife «.

L'expédient qu'il employa ensuite avait été prohibé par les Consentions de Clarendon. 11 autorisa à plusieurs reprises ses évèques à appeler, en leur nom et au sien, du jugement de l'archevêque à celui du pape. Par ce moyen, l'autorité de ce prélat fut provisoirement suspendue; et quoique ses amis soutinssent que ces appels n'étaient point revêtus des conditions requises par les canons, ils furent toujours admis par Alexandre *. Le roi profita de ce délai pour acheter des amis. Ses présents furent refusés avec indignation par le pontife : ils furent acceptés par quelques-uns des cardinaux, par les États libres d'Italie, et par plusieurs princes et barons qu'on supposait avoir de l'influence dans les conseils du pape*. Tantôt Henri se confiait lui et sa cause à l'équité d'Alexandre, tantôt il demandait et obtenait des légats pour décider la controverse en France. Deux fois il consentit à recevoir le primat et à conférer avec lui sur cette question. Pour éviter toute altercation, on convint qu'il ne serait fait aucune mention de9 « coutumes ; » mais ils se méfiaient l'un de l'autre. Henri voulait bien maintenir les libertés de l'Église, « sauf la dignité de la couronne; » et l'archevêque voulait également bien obéir au roi, « sauf les droits de l'Église . » Dans la seconde conférence, ces clauses de garantie furent omises; les conditions furent réglées d'une manière satisfaisante, et le primat, au moment de partir, demanda à son souverain le baiser de paix. C'était la conclusion ordinaire do ces sortes de discussions, le sceau dont les parties contendantes scellaient leur réconciliation*. Mais Henri répliqua froidement qu'il avait anciennement juré de ne jamais le lui donner, et qu'il ne se souciait pas de se rendre coupable de parjure. Un si misérable faux-fuyant ne pouvait tromper personne , et le primat partit pleinement convaincu qu'on ne pouvait faire aucun fond sur la sincérité du roi 6.

Henri était depuis plusieurs années en France. Sa présence avait été nécessaire pour intimider la turbulence de ses barons du continent, qui, sous le plus frivole prétexte, étaient prompts à braver

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