‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 441 sur 643 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

évident que la crédulité de ce Gallois a été souvent trompée par des fables, et il n'est pas improbable que sa partialité Ta parfois entraîné à des allégations exagérées et peu bienveillantes : cependant l'exactitude de sa narration sur les points les plus importants esi confirmée par tout le contenu de l'histoire d'Irlande et d'Angleterre, et par sa concordance avec les rapports que l'abbé de Clairvaux avait reçus de saint Malachie et de ses disciples !. L'ancienne division de l'île en cinq provinces ou royaumes subsistait encore2; mais la souveraineté nominale sur l'île entière , que les O'Neal avaient possédée pendant plusieurs générations, avait été récemment envahie par différents chefs, et était maintenant réclamée par les O'Connor , rois de Connaught. Dans les ports de mer , habités principalement par les descendants des Ostmen, il se faisait quelque commerce5. Dublin est nommé la rivale de Londres, et les vins du Languedoc étaient importés en échange de peaux \ Mais la plus grande partie des indigènes évitaient les villes et vivaient dans des huttes à la campagne. Ils préféraient la vie de pasteur à l'agriculture. Ils regardaient la contrainte et le travail comme les maux les plus pénibles, la liberté etv l'indolence comme les biens les plus désirables5. Les enfants devaient peu de chose aux soins de leurs parents; mais, façonnés par les mains de la nature, ils acquéraient, en grandissant, des formes élégantes qui, jointes à leur haute stature et à leur teint fleuri , excitaient l'admiration des envahisseurs. Leur costume était exigu, taillé sur un patron qui parut barbare à Girald, et filé de la laine de leurs brebis, quelquefois teinte, mais généralement dans son état naturel. En guerre, ils mesuraient la valeur des combattants sur leur mépris des secours artificiels ; et lorsqu'ils virent les chevaliers

1. J'ai lu attentivement le Cambrensis Evcrsus de Lynch, ouvrage pleine! érudition et d'habileté. Dans plusieurs cas il peut avoir repoussé les allégations de Girald : il a complètement échoué sur les points les plus importants. L'accusation de barbarie, si fréquemment et si victorieusement présentée par saint Bernard, ne pouvait être ni repotisséc ni éludée. Sa principale ressource a été d'insinuer qu'ele aurait dù être restreinte à un petit district, quoique l'autorité qu'il cite la représente comme générale luper universam ITiberniam... ubique. « Y i ta M a lac h. 1937); et de prétendre que cette barbarie fut extirpée par saint Malachie , quoique le contraire soit prouvé par des témoignages irrécusables. Voyez Lynch, p. 151.

2. Ces provinces étaient le Leinster, le Desmond ou Munster du sud, le Tuamond ou Munster du nord , le Connaught et ITlstcr. Le Meath était considéré comme annexé à la dignité de monarque d'Irlande. Le docteur O'Connor a essayé de tracer les limites de ces divisions d'après les plus anciens écrivains. Froleg. rvut, ux.

3. Les Ostmen d'Irlande étaient les mêmes que les Northmen , on hommes du Nord, des écrivains saxons. Leur pays natal était situé à l'est. Girald, 7-*,0.

4. Girald, 700. « Divilinum , urbem ir.aritimam, portuque t\ leberrirr.o nostra* rum œmulam Londoniarum. Newb. u, 20.

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