Girald
anglais couverts de fer, ils n'hésitèrent pas à les déclarer dépourvus de courage réel. Leurs armes, à eux, étaient une courte lance et deux javelines, une épéc appelée « skene, » d'environ quinze pouces de long, et une petite hache d'acier appelée « sparthe. » La sparthe était une arme très-redoutable; ils la maniaient d'une seule main, mais avec tant d'adresse et d'impétuosité qu'en général elle pénétrait dans l'armure la mieux trcmj)ée. Les hommes libres avaient seuls le droit de la porter, et, comme ils l'avaient toujours à la main, elle devenait souvent un instrument de vengeance1. Leurs maisons étaient faites de bois de charpente et d'osier, et avec une habileté qui arracha des louanges aux Anglais*. Leurs églises étaient généralement bâties des mêmes matériaux ; et quand l'archevêque Malachic commença à en ériger une en pierre, cette seule tentative excita une insurrection du peuple, qui lui reprocha d'abandonner les coutumes de son pays et d'y introduire celles de la Gaule5. Quant au caractère, les indigènes sont dépeints comme irascibles et inconstants, vivement attachés à leurs amis, sans foi et vindicatifs avec leurs ennemis *. La musique était l'art dans lequel ils cherchaient principalement à exceller; et le Gallois, malgré toute sa partialité pour son pays, a la bonne foi d'accorder aux Irlandais la supériorité sur la harpe5.
Que le clergé d'Irlande au vie siècle différât, sur quelques points de discipline, du clergé des églises voisines, la preuve en est dans les discussions relatives au temps de Pâques et à la forme de la tonsure ; qu'ils fussent d'accord sur tous les points de doctrine, la preuve en est également dans l'histoire de ces discussions mômes, dans la réception cordiale faite aux ecclésiastiques irlandais en Gaule et en Italie, et dans la facilité avec laquelle leurs règles se fondaient dans celles des moines du continent 6. Ils furent les prin-