CHAPITRE DOUZILMK. Ul
ripâtes victimes des invasions des hommes du Nord : au retour de la tranquillité leurs églises, leurs propriétés tombèrent, dans beaueoup de eas du moins, aux mains des laïques, et restèrent, selon la coutume du tanislry, au pouvoir de la même famille pendant plusieurs générations ». Ce fut le sort mémo de l'église d'Armagh, siège primitifdcsaintPalriek, et résideneedu métropolitain d'Irlande! Pendant un laps de près de deux siècles elle fut occupée par des individus de même lignage, dont quinze se succédèrent immédiatement les uns aux autres. Sur ce nombre six seulement étaient ecclésiastiques ; les autres étaient des chefs laïques qui, sans se permettre d'exercer les fonctions épiscopales, jouissaient du titre et des émoluments de Pévèchc. Celsus résolut de détruire cet abus , et choisit pour son successeur le célèbre Malachie O'Morgan ; mais les parents de Celsus regardèrent cette nomination comme une usurpation de leurs droits, et, à sa mort , placèrent Maurice, un de leurs membres, sur le trône métropolitain. Maurice, à son décès, laissa sa dignité à Nichel, mais Nichel fut expulsé par les chefs voisins, et Malachie, après un délai de cinq ans, obtint la possession précaire d'Armagh. C'était à cette prostitution de l'autorité archiépiscopale que saint Bernard attribuait le manque de discipline canonique dans le clergé, et l'immoralité, la superstition et le concubinage incestueux qui régnaient dans le peuple*. Pour remédier à de tels maux, les papes , près d'un siècle avant l'invasion, avaient employé le zèle des légats étrangers et nationaux , et Girald rend un témoignage favorable de la réputation générale des prêtres qu'il a connus. Mais tout en faisant l'éloge de leur dévotion , de leur continence * et de
demment qu'ils avaient coutume de consulter l'Eglise romaine {Hisl. n , 19) et de se soumettre à ses décisions [Hisl. m , 3}. Oummin (il écrivait en 630)', dans sa
lettre à Segienus, dit pour obtenir le jugement du saint-siége, « misimus
quos novimus sapientes esse , velut natos ad matrem. » Usser, Syl. e,p. p. 34.
1. Cette coutume régnait dans le pays de Galles et en Irlande. «Hœc ecclcsia »« dit Giraldus, « sicut et aliœ per Hiberniam et Walliam plures, abbatem laicu'm habet. Usus enim inolevit, et prava consuetudo.ut viri in parochia potentes, primo ecclesiarum patroni et defensorcs a clero constituti , postca totum sibi jus usurparent, terras omnes sibi appropriarent , solum altaria cum decimis et obventionibus clero relinquentes, et lirec ipsa filiis suis clericis et cognatis assignantes.» Itin Camb. 8G3. — Ainsi, quand suint Malachie fut fait abbé de Benchor, les possessions du monastère étaient tenues par un abbé laïque. « A tempore quo destructum est monasterium , non defuit qui illud teneret cum possessionibus suis. Nam et constituebantur per electionem etiam, et abbates appellabantur, servantes nomine et non re quod olim exstiterat. » D. Bernard in Vila Malach. 1935.
2. Vila S. Malach. 1937-1941. Serin, in Iransilu Malach. 301. u Inde tota illa per universam Hiberniam dissolntio ecclesiasticœ disciplina. Inde illa ubique pro consuetudinc christiana sœva subintroducta barbaries, » 1937. — Vovcz aussi 19T> 1936. Girald, 742, 743. * '
3. On nous répète souvent que l'ancien clergé d'Irlande se mariait ; mais je ne trouve aucune preuve à l'appui de cette assertion. Le fragment d'Usher que l'on cite m fréquemment, signifie tout le contraire. Il dit que les missionnaires, les
leur» vertus personnelles , il se plaint justement de ce que , vivant en communauté sous les yeux de leur éveque et de leur abbé , ils se bornent aux pratiques de la profession monastique, et négligent les principales fonctions des ecclésiastiques, le devoir d'instruire l'ignorance du peuple et de réprouver ses vices *.
La proximité où l'Irlande est de l'Angleterre et l'infériorité des indigènes dans l'art de la guerre avaient suggéré à Guillaumcle- Conquérant et à Henri Ier l'idée de s'en emparer. [M 54] Cette tache, qu'ils avaient abandonnée, fut sérieusement reprise par le fils de Mathikle. Pour justifier l'invasion d'un peuple libre et inofiensif, son ambition avait découvert que la civilisation de leurs mœurs et |a réforme de' leur clergé étaient des avantages que les Irlandais devaient acheter avec joie au prix de leur indépendance. Peu de mois après son couronnement , Jean de Salisbury, savant moine, et depuis évèque. de Chartres, fut député pour solliciter l'approbation du pape Adrien. L'envoyé était chargé d'assurer à Sa Sainteté que le principal but de Henri était de pourvoir à l'instruction d'un peuple ignorant, d'extirper le vice de la vigne du Seigneur, et d'étendre à l'Irlande le payement annuel du denier de saint Pierre ; mais que, comme toute île chrétienne était la propriété du saint-siége a, il ne se permettait pas de faire cette tentative sans l'avis et le consentement du successeur de saint Pierre. Le pontife, qui dut sourire de l'hypocrisie de cette harangue, loua dans sa réponse la piété de son respectueux fils , accepta et revendiqua le droit de souveraineté qu'on admettait si libéralement, exprima la satisfaction avec laquelle il acquiesçait à la requête du roi , et l'exhorta à avoir toujours présentes à l'esprit les conditions auxquelles cet acquiescement était donné A la Saint-Michel sui-
saints du premier ordre, qui vivaient au milieu du peuple, ne refusaient pas les services des femmes, parce qu'ils étaient supérieurs à la tentation ; tandis que ceux du second ordre , qui les suivirent , habitaient des monastères dont l'enceinte était interdite aux femmes. Ushcr, 913.