‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 46 sur 643 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

des Bretons s'accrut, leurs expéditions devinrent plus fréquentes, leurs descentes plus destructives. Du pillage ils passèrent à la colonisation , et la meilleure partie de la Bretagne fut repeuplée par les hommes qui l'avaient dépeuplée. Il y avait parmi ces colons des aventuriers de chacune des tribus associées ; mais la majorité se composait de Jutes, d'Angles et de Saxons proprement dits1. Nous avons déjà indiqué où les Saxons résidaient originairement : les Angles étaient leurs voisins au nord et jusqu'à l'emplacement de la ville actuelle de Flensburg ; et au delà des Angles habitait la nation des Jutes, qui n'avait d'autres limites que l'océan».

La langue des Saxons, leur haute stature et leurs institutions nationales prouvent qu'ils étaient d'origine gothique. Tout leur temps se partageait entre l'indolence et la rapine. Gagner par le travail ce qui pouvait s'acquérir par la force était à leurs yeux indigne d'un homme libre, et ils laissaient la culture de leurs terres et le soin de leurs troupeaux aux mains plus abjectes des femmes et des esclaves. Tous les guerriers s'attachaient à la fortune de quelque chef favori, qu'ils suivaient dans ses expéditions de piraterie. Os chefs présidaient les conseils de la tribu , et, dans les moments de danger, on choisissait parmi eux un commandant suprême, qui était revêtu du titre de conyng ou roi. Son autorité, toutefois, n'était que temporaire : elle cessait avec les circonstances qui y avaient donné lieu35.

Les agressions de ces tribus belliqueuses furent d'abord restreintes par le manque d'armes; mais trois siècles de relations ou d'hostilités avec les Romains leur apprirent à combler ce vide. Ils portaient une targe au bras gauche, et, pour armes offensives, ils avaient la lance, l'épée et la hache d'armes. Ces deux dernières étaient longues et pesantes, et c'est à leur effet destructeur qu'est attribué le ravage que les Saxons ne manquaient jamais de faire dans les rangs rompus d'un ennemi 4. Comme leurs vaisseaux n'étaient pas appropriés au transport de la cavalerie, ils combattaient ordinairement à pied en un corps compacte ; mais après leur installation en Bretagne les chefs les plus riches et leurs adhérents firent la guerre à cheval. Leur estime pour un cheval de ba-

Page 1