‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 490 sur 643 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

avec colère, et rccabla les envoyés d'un torrent d'injures qui étonna et intimida les auditeurs *. A présent toutefois qu'il avait achevé sa conquête, il brûlait d'impatience de réduire Acre. Il exigea des Cypriotes, comme amendes, la moitié de leurs biens meubles, leur confirma les lois et coutumes qui étaient en vigueur au temps de l'empereur Manuel, donna le gouvernement à Richard de Camville et à Robert de Turnham , et partit de Famagouste avec cinquante galères, cent bAtimenls de transport et treize grands vaisseaux appelés busses. Le second jour, la flotle donna la chasse à une voile étrangère qui . vue de plus près , se trouva être un vaisseau de guerre d'une dimension énorme, portant trois mâts et rempli d'hommes armés [5 juin]. Des questions réitérées n'obtenaient que des réponses ambiguës et contradictoires. Richard ordonna une attaque générale Mais les petites galères des chrétiens n'étaient pas de force à lutter contre cet imposant navire; et les Turcs poursuivirent leur course avec assurance, comme s'ils méprisaient cet essaim d'ennemis qui cherchait à les incommoder. Leur marche fut enfin arrêtée par l'audîxe do quelques marins qui, plongeant dans la mer, attachèrent avec des câbles le gouvernail turc aux galères anglaises. Les chrétiens aussitôt coururent à l'abordage, et chassèrent leurs adversaires du gaillard d'avant à la poupe; mais- ils furent repoussés à leur tour et forcés de se sauver sur leurs- vaisseaux. A la (in, Richard résolut de détruire ce qu'il désespérait de pouvoir capturer. Par sès ordres, les plus grosses galères se formèrent sur une ligne, le cap sur l'ennemi. Le signal fut donné; les rameurs déployèrent toutes leurs forces, et les galères furent lancées avec une telle vélocité que leurs éperons perforèrent les flancs du vaisseau turc. Il s'emplit d'eau, et coula bas avec les provisions, les munitions de guerre et les secours de feu grégeois et de serpents venimeux qu'il portait aux assiégés. Son équipage consistait en quinze cents hommes d'élite. On n'en sauva que trente-cinq, officiers ou ai t^ans. Le reste fut ou massacré ou noyé .

Peu de jours après, Richard arriva au camp des croisés, et fut

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