‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 497 sur 643 · Vinesauf , 410-122. Trivct · texte numérisé non relu

Vinesauf , 410-122. Trivct

un dernier regard au rivage, et, les bras étendus, il s'écria : « Terre sacrée, je te recommande aux soins du Tout-Puissant : puisse-t-il m accorder assez de vie pour revenir t'arracher au joug des inuV dèles 1 ! » Sa flotte, qui portait sa femme, sa sœur et la princesso de Chypre, avail mis à la voile quelques jours auparavant et gagné la Sicile sans accident8. Le roi partit ensuite avec un seul vaisseau et prit une direction différente ; mais sa marche fut souvent retar-r dée par des vents contraires, et un mois s'écoula avant qu'il pût atteindre Pile de Corfou [1 4 nov.]. Là il fréta trois bâtiments côtiers pour le transporter lui et sa suite, composée de vingt personnes, à Raguse et à Zara. Quelle route il comptait prendre après, on l'ignore. Mais il savait que le roi de France avait fait une ligue avec son frère Jean pour le déposséder de ses États; que Henri, l'empereur d'Allemagne, héritier légitime de la Sicile, était irrité de son alliance avec Tancrède5, et que plusieurs princes, parents de Conrad, s'étaient déclarés hostiles à lui, le supposant coupable du meurtre de ce seigneur. Comme il avait pris l'habit de pèlerin et cherchait à se déguiser par la longueur de sa barbe et de ses cheveux, il est probable qu'il espérait traverser incognito le continent , et échapper par artifice aux pièges de ses ennemis. Quoi qu'il en soit, il fut jeté par une tempête sur la côte distrie, entre Aquilée et Venise, et marcha vers Goritz, résidence de Maynard, neveu de Conrad. Un de ses pages parut devant ce chef avec un rubis d'une grande valeur pour présent et sollicita un passe-port pour Baudoin de Béthunc et Hugues le marchand, pèlerins qui revenaient de Jérusalem. « Ce présent, s'écria-t-il, est un présent de prince : ce doit être le roi Richard. Dis-lui qu'il peut venir en paix. » Néanmoins le prétendu pèlerin se crut en danger, et, ayant acheté des chevaux , s'enfuit dans la nuit. Baudoin et sept aulres restèrent, et furent arrêtés par Maynard, qui en envoya aussitôt la nouvelle par un messager à son frère Frédéric de Betesow. Lo roi avait atteint Freisach, quand il fut reconnu par un chevalier normand au service de Frédéric ; mais, fidèle à son devoir envers le souverain de sa patrie, le chevalier l'avertit du danger, et tâcha de le cacher [4 4 déc.]. Six des compagnons de Richard furent

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