CHAPITRE DEUXIÈME. 4«J
impie s'accomplit1. » Ce portrait que fait d'eux Sidoine est confirmé par toutes les anciennes autorités. Marcellin a fait mention de la terreur excitée par leurs agressions soudaines et imprévues ; Zosime leur accorde la supériorité comme courage, comme force de corps et résistance à fa fatigue ; et l'empereur Julien les déclare les plus formidables de tous les peuples qui habitaient au delà du Rhin, sur les côtes de l'océan Occidental *.
Telle était la terreur du nom saxon, lorsque Hengist et Horsa, en 449, furent invités par Vortigern à combattre pour lui. Ils le servirent six ans avec fidélité. Les Pietés apprirent à respecter leur valeur; les Bretons s'empressèrent de la récompenser. Hengist, soit qu'il eût déjà formé des projets de conquête, ou qu'il désirât de rendre de plus grands services à ceux qui l'employaient, obtint la permission de solliciter des renforts de son propre pays. Les messagers qu'il envoya furent bien reçus : chefs sur chefs amenèrent leurs guerriers à Thanct ; et file se remplit d'étrangers, au point que leur nombre dev int pour les Bretons un sujet d'appréhension jalouse. Un surcroit de provisions fut demandé, et le refus donna aux deux parties le signal de la guerre. [A. I). 4o5.J Les Saxons marchèrent vers la Medway, et rencontrèrent les indigènes à Aylesford. Le passage de la rivière fut chaudement disputé : Vortigern perdit un fils, et Hengist son frère ; mais l'issue du combat parait avoir été favorable aux étrangers. Après la mort de Horsa, Oise, fils de Hengist, fut associé au commandement par son père, et une seconde bataille fut livrée, plus à l'ouest, sur les bords de la Cray. Elle fut des plus désastreuses pour les Bretons : quatre de leurs généraux restèrent sur la place ; leurs troupes s'enfuirent précipitamment à Londres, et le Kent fut abandonné aux envahisseurs. Ce fut à cette époque que Hengist s'aventura, si tant est qu'il s'y soit jamais aventuré, au delà des limites de ce comté. Gildas nous dit que les Saxons traversèrent file sans opposition, qu'ils répandirent de tous côtés les flammes de la dévastation ; mais qu'à leur retour les indigènes se rassemblèrent en nombre considérable et tirèrent une vengeance signalée des pillards. Il se peut que quelque fait semblable ait eu lieu ; mais les écrivains