‹ Histoire d'Angleterre (volume 3)Chapitre 505 sur 643 · Hoved. 413. Newbrig. iv · texte numérisé non relu

Hoved. 413. Newbrig. iv

CIIAI'ITJtK TREIZIÈME. 637

cxpéJia le chancelier en Angleterre avec une lettre pour le conseil de régence. Par ordre de ce conseil , une taxe de vingt shillings fut imposée sur tout fief de chevalier; l'argenterie des églises fut vendue ou rachetée ; le quart de chaque revenu fut exigé des clercs et des laïques , et tous furent requis dp faire au roi des présents dignes de sa gratitude. Mais, soit la pauvreté de la nation, soit les concussions des officiers , la somme se trouva bien au-dessous do ce qu'on avait calculé; et, pour suppléer au déficit, on fit uno seconde et même une troisième collecte, en dépit des murmures et du mécontentement du peuple. Henri , cependant , ne se pressait point de conclure le marché tant qu'il restait en son pouvoir de le rendre plus avantageux. La négociation fut suspendue, reprise, prolongée; et cinq mois s'écoulèrent avant qu'on en put définitivement ajuster les termes [22 sept.]. C'était que Richard payerait cent mille marcs pour sa rançon ; qu'il rendrait à Isaac, le dernier empereur de Chypre, sa liberté, mais non ses États, et qu'il remettrait la fille captive d'Isaac aux soins de son oncle, le duc d'Autriche. Henri, en retour, s'engageait à mettre le roi en liberté au reçu do l'argent, à l'aider contre tous ses ennemis , et à l'investir de la souveraineté féodale du royaume de Provence , droit suranné que les empereurs avaient long-temps réclamé, mais sans avoir la force de le faire valoir *. On fixa un jour éloigné pour l'accomplissement de ces conditions. Éléonore et l'archevêque de Rouen, qui avait cédé l'administration à Hubert, archevêque de Canterbury, rejoignirent le royal captif; et Richard, pour lier plus fortement l'empereur à ses intérêts, adopta l'étrange expédient conseillé par sa mère. Dans une assemblée des princes allemands et des envoyés anglais, en étant le chapeau de sa tète, il résigna sa couronne dans les mains de Henri, qui la lui rendit pour être tenue comme fief de l'empire , sous l'obligation d'un payement annuel de cinq mille livres ». Cependant on ne pouvait faire aucun fond sur la foi de cet Allemand, à la rapacité duquel Jean et le monarque français offraient un appât plus tentant. A condition qu'il retiendrait Richard en captivité , ils promettaient de lui garantir une somme plus forte qne celle qui avait été fixée pour la rançon du roi, ou de lui payer à raison de vingt mille livres par chaque mois d'em-

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