Hoved
642 HISTOIRE D'ANGLKTERRE.
nois avaient été introduits en Angleterre sous le rè.^ne d'Étienne , et prohibés par la politique de son successeur. Richard les fit revivre, sous prétexte qu'ils étaient nécessaires pour apprendre l'usage des armes , et pour rendre la génération qui s'élevait propre à la défense du pays. Mais ces vues patriotiques étaient, en réalité, suggérées par l'avarice : avant qu'aucun individu pût prendre part à ces jeux guerriers, il fallait une licence royale ; et le prix en était dûment fixé au taux de vingt marcs pour un comte , de dix pour un baron, de quatre pour un chevalier avec terre , et de deux pour un chevalier sans terre *. 4° Richard brisa le sceau , en fit faire un nouveau, et déclara par une proclamation qu'aucune concession sous l'ancien sceau ne serait regardée comme valide dans les cours de justice. La conséquence fut que les concessionnaires furent forcés d'exhiber leurs titres à l'office du chancelier, et de payer une seconde fois les droits d'usage *. 5° L'institution des juges ambulants fut rétablie ou continuée ; mais leurs instructions se grossirent de toutes les additions que les circonstances suggérèrent *. Ils devaient considérer le roi comme prenant la place des juifs qui avaient été tués dans la première année de son règne , et requérir des amendes de leurs meurtriers et le payement de leurs créances ; ils devaient annuler toutes les concessions qui avaient été faites par le prince Jean, et recevoir tout l'argent qui lui était dû ; ils devaient s'informer de l'état de toutes les tutelles et aubaines, de la valeur réelle de toutes les terres, et de la quantité d'animaux d'exploitation sur chaque ferme ; ils devaient imposer des tailles sur les villes, bourgs et anciens domaines de la couronne , et exiger de ceux qui avaient promis de contribuer à la rançon du roi le payement de, tout l'arriéré 4. « Par ces inquisitions et autres semblables, » dit un écrivain contemporain, « l'Angleterre fut réduite à la pauvreté d une mer à l'autre *. »
1. Hovcd. 424. Newbrig. v, 4. Diceto, 676. Au dire de cet écrivain , l'exercice des tournois enseignait aux chevaliers à se conduire avec plus de courtoisie envers leurs captifs et à les relâcher fréquemment sur parole. Ibid.